Al’occasion de la Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines, célébrée chaque année le 4 avril, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a adressé un message solennel à la communauté internationale.
Dans ce texte d’une grande force morale, il exhorte l’ensemble des États membres à renforcer sans délai leur engagement contre les mines antipersonnel, ces armes insidieuses qui continuent de semer la mort et la désolation bien après la fin des conflits.
Guterres a tenu à rappeler une réalité trop souvent oubliée : «Les mines terrestres, les restes explosifs de guerre et les engins explosifs improvisés font des ravages parmi les civils, en particulier parmi les enfants», a-t-il déclaré, la voix empreinte de gravité.
Chaque année, ces engins, souvent hérités de guerres anciennes ou réactivés dans des contextes de violence diffuse, causent des milliers de décès et un nombre encore plus élevé de blessés graves, amputations, traumatismes psychologiques et destructions de vies entières.
Ce qui rend ces armes particulièrement odieuses, a souligné le chef de l’ONU, c’est qu’elles continuent de tuer et de mutiler «souvent bien longtemps après la fin du conflit», privant les populations d’un droit pourtant fondamental : celui de vivre en sécurité sur leur propre terre.
Le secrétaire général a également insisté sur le rôle stratégique et humanitaire de la lutte antimines. Selon lui, cette action est «essentielle dans les pays où la paix est fragile, où une aide humanitaire est déployée en urgence, ou encore où le développement peine à se concrétiser».
Déminer les territoires, neutraliser les engins non explosés, éduquer les communautés aux risques, accompagner les survivants : autant de missions qui permettent non seulement de sauver des vies, mais aussi de restaurer la dignité des populations et de créer les conditions d’une paix durable. Sans cette action obstinée et discrète, les terres agricoles restent inaccessibles, les enfants ne peuvent aller à l’école, et les réfugiés hésitent à rentrer chez eux.
Face à l’ampleur du défi, Antonio Guterres a lancé un appel solennel à tous les États membres des Nations unies. Il les invite «à adopter et à signer les instruments pris à cette fin, notamment la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel».
Et, dans un geste rare qui traduit son inquiétude face aux récents replis observés dans certaines régions du monde, il a exhorté «ceux qui s’en sont retirés à y adhérer de nouveau». Il faisait ainsi allusion à des pays ayant récemment quitté ou menacé de quitter ce cadre juridique pourtant essentiel, affaiblissant par là même le régime de protection des civils.
Enfin, Antonio Guterres a conclu son message par une note d’espoir résolu, appelant à une mobilisation sans faille : «Nous devons éliminer la menace que représentent ces armes, afin que tous les peuples, dans le monde entier, puissent vivre en sécurité et garder espoir.» Ces mots résonnent avec d’autant plus de force que la Journée internationale est célébrée cette année sous un thème clair et ambitieux : «Investir dans la paix, investir dans la lutte antimines», comme pour rappeler que le désarmement humanitaire n’est pas une dépense, mais un investissement dans l’avenir commun de l’humanité.
Malik M.
100 millions d’innocents en danger:Guterres lance un appel urgent contre les mines antipersonnel

