Alors que l’escalade militaire fait rage, la République islamique d’Iran a officiellement confirmé la mort de plusieurs hauts responsables, dont l’influent Ali Larijani, dans des frappes attribuées à Israël.
Un coup de théâtre diplomatique s’est produit simultanément à Washington avec la démission d’un haut responsable antiterroriste américain dénonçant une «guerre imposée par Israël».
Larijani, Suleimani et les cadres du régime éliminés
L’Iran est en deuil. Le régime a officiellement annoncé, ce mardi, la mort de Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et considéré comme l’une des figures les plus puissantes de la théocratie iranienne.
Il a été tué aux côtés de son fils Morteza, de son adjoint à la sécurité Ali Reza Beyat, et de plusieurs gardes du corps lors d’une frappe aérienne revendiquée plus tôt par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz. Considéré par les médias israéliens comme «la personnalité la plus importante» après le Guide suprême Ali Khamenei, Larijani était un pilier du régime.
Ancien négociateur nucléaire et allié indéfectible de Khamenei, sa disparition laisse un vide immense au sommet de l’État. Sa dernière apparition publique remontait à vendredi dernier lors des marches de la Journée d’El Qods, quelques heures avant que les États-Unis n’offrent une récompense de 10 millions de dollars pour des informations le concernant, le plaçant ainsi sur une liste noire des personnalités liées aux Gardiens de la Révolution.
Dans la foulée, les Gardiens de la Révolution ont confirmé le «martyre» d’une autre figure centrale : Gholam Reza Suleimani, le commandant en chef de la milice Bassidj, tué dans ce qu’ils qualifient «d’attaque terroriste américano-sioniste».
Washington ébranlé : Le patron de la lutteantiterroriste claque la porte
Alors que la machine de guerre semble s’emballer, un séisme politique a frappé l’administration Trump.
Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), a démissionné avec fracas, refusant de «soutenir la guerre en cours en Iran».
Dans une lettre cinglante adressée à Donald Trump, Kent dénonce une «campagne de désinformation» menée par des «responsables israéliens de haut rang» et des médias américains influents, visant à faire croire à une menace iranienne imminente pour justifier une guerre.
«Ils vous ont poussé à croire qu’en frappant l’Iran maintenant, la voie serait claire vers une victoire rapide. C’était un mensonge», écrit-il, comparant la situation actuelle aux manipulations qui ont conduit à la guerre en Irak. Vétéran de 11 déploiements et veuf d’une guerre qu’il estime avoir été «fabriquée par Israël», Joseph Kent lance un appel pathétique au président : «Vous avez les cartes en main. Vous pouvez inverser le cours des choses.»
L’Iran n’a pas tardé à s’emparer de cette démission. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a partagé la lettre sur X, déclarant que les conséquences de cette guerre allaient «frapper tout le monde» et que «de plus en plus de voix, y compris des responsables européens et américains, s’élèvent pour dire que cette guerre est injuste».
La région en ébullition : L’Arabie saoudite convoque un sommet d’urgence
Face à l’embrasement, l’Arabie saoudite tente de jouer les médiateurs. Riyad a annoncé qu’elle accueillerait une réunion consultative des ministres des Affaires étrangères de pays arabes et musulmans pour discuter de «la crise iranienne et de la situation dans la région».
L’objectif affiché est de «soutenir la sécurité et la stabilité» de la zone, alors que l’Iran poursuit ses tirs de missiles et de drones contre plusieurs pays de la région depuis le début du conflit le 28 février dernier.
Entre une frappe chirurgicale qui décapite en partie l’appareil sécuritaire iranien, une contestation interne aux États-Unis et une mobilisation diplomatique arabe, la région est plus que jamais au bord d’une guerre totale aux conséquences imprévisibles.
Malik M.

