Colonisation en Cisjordanie: L’ONU dénonce des «transferts forcés massifs» et un «crime de guerre»

L’Organisation des Nations unies a exhorté mardi les autorités israéliennes à cesser immédiatement l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée, une politique ayant provoqué le déplacement forcé de plus de 36 000 Palestiniens en l’espace d’un an.
Dans un rapport publié couvrant la période de novembre 2024 à octobre 2025, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme fait état d’un «déplacement de plus de 36 000 Palestiniens en Cisjordanie occupée», qualifié d’«expulsion massive d’une ampleur inédite».
Selon le document, ces déplacements, concomitants à ceux en cours dans la bande de Ghaza, révèleraient une stratégie délibérée de «transfert forcé massif» appliquée par Israël sur l’ensemble des territoires palestiniens occupés.
Dès février, l’institution onusienne avait déjà alerté sur «l’intensification des attaques, la destruction systématique de quartiers entiers, l’entrave à l’aide humanitaire et les transferts forcés».
Le rapport met en lumière une accélération sans précédent de la colonisation : 36 973 nouvelles unités de logement ont été avancées ou approuvées à El Qods-Est occupée, et près de 27 200 autres dans le reste de la Cisjordanie. Actuellement, plus de 500 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, hors Jérusalem-Est, au sein d’une population palestinienne estimée à trois millions d’habitants, dans des colonies considérées comme illégales par le droit international.
Parallèlement, les violences perpétrées par des colons se sont intensifiées : 1 732 incidents ayant causé des victimes ou des dommages matériels ont été recensés, contre 1 400 lors de la période précédente.
Le Haut-Commissariat souligne le caractère «coordonné, stratégique et largement impuni» de ces violences, avec une implication active des autorités israéliennes.
L’instance onusienne rappelle que le «transfert illégal» de populations civiles constitue un crime de guerre, et peut, selon les circonstances, s’apparenter à un crime contre l’humanité.
Dans une déclaration ferme, le Haut-Commissaire Volker Türk a exigé d’Israël «l’arrêt immédiat et complet de la création et de l’expansion des colonies, l’évacuation de tous les colons et la fin de l’occupation des territoires palestiniens». Il a également réclamé le retour des personnes déplacées, ainsi que la cessation de toutes les confiscations de terres, expulsions forcées et démolitions de logements.
Par ailleurs, l’ONU a vivement condamné mardi des propos tenus par des responsables israéliens évoquant une possible destruction du Liban à l’image de celle infligée à Ghaza. Le porte-parole Thameen
Al-Kheetan a qualifié ces déclarations de «totalement inacceptables», alors que l’armée israélienne renforce son déploiement et élargit son incursion terrestre au Liban, accentuant «la peur et l’anxiété profondes» au sein de la population libanaise.Depuis le 2 mars, au moins 886 personnes, dont 111 enfants, ont perdu la vie au Liban. Volker Türk a appelé à une cessation immédiate des hostilités, à des mesures de responsabilisation pour les violations constatées, et à un soutien accru de la communauté internationale en faveur de l’aide humanitaire au Liban.
Malik M.