Ghaza:Quand le ventre des femmes devient une cible de guerre

Une enquête accablante d’Amnesty International, publiée après 29 mois d’agression, lève le voile sur une dimension méconnue du génocide perpétré dans la bande de Ghaza : le ciblage systématique des Palestiniennes. L’objectif, méthodique et glaçant, serait d’entraver les naissances pour asphyxier à la source la résistance démographique et politique du peuple palestinien.
Intervenant lors d’une conférence organisée par Amnesty Algérie, la chercheuse palestinienne Budour Hassan, co-autrice du rapport, a détaillé les mécanismes de cette stratégie délibérée.
Loin d’être des dommages collatéraux, les violences infligées aux femmes et aux filles constituent un pilier de l’entreprise génocidaire.
Déplacements forcés, bombardements ciblés des maternités, pénurie organisée de soins périnataux et de nourriture adaptée : chaque action vise à rendre impossible l’accouchement dans la dignité, à briser les projets de mariage et, in fine, à stériliser l’avenir d’une nation.
Les chiffres, implacables, donnent la mesure du désastre : selon les conclusions d’Amnesty, le taux de natalité dans la bande de Ghaza s’est effondré de 40% en 2024. Derrière ces statistiques se cachent des vies brisées. 21 000 femmes sont devenues veuves, des dizaines de milliers d’autres ont perdu leurs époux, leurs enfants, leurs repères.
«Toutes ces femmes sont désormais traumatisées, psychologiquement anéanties, leur unique obsession étant de maintenir en vie ce qui reste de leur famille», a témoigné la chercheuse depuis Ramallah.
L’enquête, qui s’appuie sur des entretiens poignants avec 41 femmes déplacées – dont plusieurs enceintes ou malades du cancer – et 26 professionnels de santé, confirme que les souffrances infligées répondent à la définition juridique du génocide : «l’anéantissement volontaire d’un groupe».
Malgré le cessez-le-feu officiel, la machine de guerre sioniste n’a pas désarmé.
Blocus renforcé, raids persistants, fermeture du point de passage de Rafah : autant de preuves, selon Budour Hassan, que l’entité sioniste poursuit son entreprise avec une détermination inchangée.
Face au silence complice des puissances internationales et à leurs politiques de deux poids deux mesures, Amnesty International a choisi l’action. L’organisation a transmis les conclusions de son enquête à l’Afrique du Sud, à l’origine de la plainte déposée devant la Cour pénale internationale, pour étayer l’accusation de crimes génocidaires contre les femmes palestiniennes.
«Tôt ou tard, l’entité sioniste devra répondre de ses actes devant la justice internationale», a conclu la chercheuse, lançant un appel vibrant à toutes les consciences éveillées pour briser le silence et s’opposer à cette politique d’extermination silencieuse mais méthodique.
Malik M.