C’est un Trump désorienté qui s’est présenté hier devant ses partisans en Floride. Après une matinée de golf, le locataire de la Maison-Blanche a livré une performance déroutante, alternant annonces contradictoires qui traduisent surtout son embarras grandissant face au bourbier iranien.
D’un côté, il promet une fin prochaine des hostilités et une chute des prix du pétrole, rassurant sur la sécurité du détroit d’Ormuz.
De l’autre, il jure de poursuivre la guerre «jusqu’à une défaite cuisante de l’Iran».
Les marchés ont dansé au rythme de ces oscillations, avant de retrouver leur nervosité.
Derrière ces volte-face, une réalité simple : Trump cherche désespérément une porte de sortie.
Le Wall Street Journal révèle que ses propres conseillers et le Pentagone le pressent de trouver une issue rapide.
L’image du «coq enragé» qui continue de danser alors que la musique s’arrête colle désormais à ce président embourbé dans un conflit qu’il n’a pas maîtrisé. Son calcul initial était simple : miser sur un effondrement du régime de l’intérieur.
Les médias occidentaux promettaient des foules en liesse accueillant les «libérateurs».
La réalité a été cruelle : le peuple iranien s’est au contraire rassemblé autour de sa direction après l’assassinat du guide suprême.
Les fameux chiffres des manifestants tués se sont évaporés.
Le Washington Post révèle qu’en deux jours, l’armée américaine a dépensé 5,6 milliards de dollars en munitions. Une rallonge budgétaire sera nécessaire, alimentant un débat national sur le bien-fondé de cette guerre qui pèse sur le contribuable sans servir ses intérêts.
L’impasse stratégique
L’Amérique pensait maîtriser l’art du «chaos créateur». Mais l’Iran, civilisation millénaire, a tenu bon et élargi le conflit, exposant les limites de la protection américaine.
Les voix s’élèvent outre-Atlantique pour réclamer un retrait rapide.
Trump finira probablement par proclamer une victoire unilatérale, comme à son habitude. Reste à savoir si, poussé par Netanyahou et la crainte de scandales compromettants, il ne cédera pas à la tentation d’embraser toute la région pour sauver les apparences.
Malik M.

