Dans un discours prononcé ce lundi lors d’un débat public de haut niveau, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a fermement réaffirmé le rôle central et unique du Conseil de Sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Face à la multiplication des initiatives parallèles dans un monde de plus en plus fracturé,
M. Guterres a rappelé que cet organe demeure le seul doté de l’autorité légitime, conférée par la Charte des Nations Unies, pour agir au nom de l’ensemble de la communauté des États membres sur ces
questions vitales.
Intervenant dans le cadre d’une discussion intitulée «Réaffirmer la primauté du droit international : voies pour relancer la paix, la justice et le multilatéralisme», le chef de l’ONU a souligné le caractère exceptionnel des prérogatives du Conseil.
«Seul le Conseil de Sécurité peut adopter des décisions ayant un caractère contraignant pour tous les États», a-t-il insisté. «Aucun autre organe, groupe ou coalition ne dispose du fondement légal permettant d’exiger une telle universalité dans le respect des décisions liées à la paix et à la sécurité.»
Il a également rappelé le monopole de cet organe en matière d’autorisation légale de l’usage de la force en droit international, tel que strictement encadré par les dispositions de la Charte.
Au-delà de cette réaffirmation de principes, M. Guterres a lancé un appel pressant en faveur d’une modernisation indispensable de l’institution. Il a estimé qu’une «réforme du Conseil de Sécurité est essentielle», plaidant pour une action «sans délai» visant à renforcer à la fois sa représentativité et son efficacité opérationnelle.
Cette urgence de réforme sous-tend l’impératif d’adapter la gouvernance mondiale du XXIe siècle aux réalités géopolitiques contemporaines, afin que le Conseil retrouve pleinement sa crédibilité et sa capacité à prévenir et résoudre les crises.
Parallèlement, le Secrétaire général a exhorté l’ensemble des États membres à un sursaut collectif.
Il les a encouragés à «renouveler leur engagement en faveur du droit international» et à se montrer «à la hauteur des promesses et des obligations solennellement énoncées dans la Charte des Nations Unies».
Cet appel constitue un rappel fondamental : la force du système multilatéral dépend ultimement de la volonté politique de ses membres à respecter et à faire vivre ses règles communes.
Le discours de M. Guterres trace ainsi une voie exigeante : consolider l’autorité unique du Conseil de Sécurité tout en le réformant pour le rendre plus légitime et réactif, et revitaliser en même temps l’engagement de tous les pays envers l’ordre juridique international.
C’est sur cette double fondation, selon lui, que peut se reconstruire une capacité collective à garantir la paix, la justice et une coopération multilatérale efficace.
Malik M.
Antonio Guterres: «L’ONU, seule autorité légitime au nom de tous les États»

