Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a fait part, lundi dernier, d’un sentiment d’approche concernant une résolution diplomatique du conflit en Ukraine, tout en posant des lignes rouges absolues pour Moscou.
Dans une interview accordée à ABC News, le haut diplomate a déclaré : «Nous sommes convaincus d’être sur le point de résoudre cette terrible crise». Cette déclaration, qui contraste avec le langage souvent belliqueux des derniers mois, suggère une ouverture russe à des pourparlers intensifs, sans préjuger d’une issue imminente.
Riabkov a précisé que l’objectif de Moscou restait l’adoption d’une solution durable et structurelle, capable d’éliminer ce qu’il présente comme «les causes profondes du conflit». Tout en rappelant que les parties étaient «très proches de tout régler en 2022», il a reconnu que la situation actuelle s’était considérablement complexifiée. «Les divergences d’approche sont flagrantes. Il nous faut donc redoubler d’efforts pour les surmonter, et nous sommes prêts à le faire», a-t-il ajouté, semblant appeler à une reprise des canaux de négociation.
La Russie se place désormais en attente d’un signal de la partie adverse. M. Riabkov a indiqué que Moscou attendait des États-Unis qu’ils l’informent des résultats des dernières consultations avec les représentants ukrainiens, soulignant ainsi que tout progrès substantiel passe nécessairement par Washington. Cependant, cet apparent élan vers la diplomatie est strictement encadré par des conditions non négociables.
Le vice-ministre a réitéré avec une fermeté absolue l’un des principes cardinaux de la position russe : «Nous n’accepterons absolument jamais la présence de troupes de l’OTAN sur le territoire ukrainien». Il a étendu ce veto au déploiement éventuel de ce qu’il a qualifié de «coalition des volontaires», y voyant une manœuvre pour contourner les structures officielles de l’Alliance atlantique. «Cela pourrait être encore pire, car une telle décision pourrait être mise en œuvre même sans les procédures standard de l’OTAN», a-t-il prévenu, dénonçant une éventuelle «otanisation déguisée» de l’Ukraine.
Ce discours intervient dans un contexte de contacts discrets de haut niveau. Début décembre, le président Vladimir Poutine a reçu au Kremlin Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain, et Jared Kushner. Cette rencontre, qui a duré environ cinq heures, aurait porté sur les grandes lignes d’une initiative de paix américaine, sans déboucher pour l’instant sur un compromis tangible.
Les déclarations de Sergueï Riabkov dessinent ainsi une posture russe à double face : une ouverture affichée à la négociation, teintée d’un optimisme de circonstance, mais fermement arrimée à des exigences sécuritaires présentées comme incontournables. Elles semblent calculées pour tester la volonté de dialogue des Occidentaux tout en rappelant que, du point de vue du Kremlin, tout règlement devra impérativement entériner une neutralité militaire absolue et garantie de l’Ukraine. La balle semble désormais dans le camp américain pour faire connaître ses propositions et évaluer la marge de manœuvre réelle derrière ces déclarations.
Malik M.
Vers une issue diplomatique ?:La Russie exprime un optimisme prudent sur l’Ukraine

