Le marché automobile algérien traverse une phase de mutation profonde. Après des années de stagnation liées à l’arrêt des importations commerciales et au gel de l’assemblage local, le secteur connaît un rebond significatif, porté par les importations de véhicules par les particuliers, notamment en
provenance de Chine. Dans un contexte où l’offre officielle reste quasi inexistante, l’arrivée massive de voitures chinoises a redynamisé le marché.
Les autorités ont simplifié les procédures de dédouanement et ajusté les barèmes douaniers, permettant de réduire les coûts et les délais pour les importateurs particuliers. Résultat : une baisse tangible des prix. Par exemple, la Volkswagen Passat 1.5 TSI est passée d’environ 8,5 à 7,8 millions de dinars, tandis qu’un SUV chinois Geely X3 Pro se vend désormais à 3,65 millions de dinars au lieu de 4,1 millions. Ces écarts, de 200 000 à 600 000 DA selon les modèles, redonnent un certain pouvoir d’achat aux consommateurs. Ce changement s’inscrit dans une stratégie mondiale orchestrée par Pékin. Selon Jato Dynamics, la part de marché des marques chinoises en Europe est passée de 2,9% à 5,9% en un an. Des géants comme BYD, MG, Chery ou Xpeng multiplient les investissements et les implantations, tandis qu’en Afrique, plus de 222 000 véhicules chinois ont été écoulés au premier semestre 2025, l’Algérie figurant parmi les marchés les plus dynamiques. Cette percée planétaire reflète la montée en puissance des constructeurs chinois, désormais acteurs incontournables du nouvel équilibre automobile algérien.
Pour le consommateur algérien, cette évolution se traduit par plusieurs avantages notables. La baisse des prix redonne du pouvoir d’achat à de nombreux ménages, tandis que la diversification de l’offre favorise une concurrence plus saine et limite la spéculation qui avait dominé le marché ces dernières années. De plus, cette ouverture permet de répondre rapidement à une demande longtemps restée insatisfaite, offrant aux acheteurs des alternatives accessibles et variées. Cependant, pour assurer une relance durable du secteur, plusieurs conditions doivent encore être réunies. Il est nécessaire de régulariser les importations commerciales à travers des concessionnaires agréés, de mettre en place un service après-vente fiable incluant des garanties et des pièces détachées, et de relancer la production locale afin de réduire la dépendance vis-à-vis des importations.
Enfin, un encadrement rigoureux du marché demeure indispensable pour éviter le retour de la spéculation et garantir un équilibre stable et transparent dans la filière automobile nationale.
En somme, le dynamisme des importations chinoises agit comme un catalyseur, mais la véritable transformation du secteur automobile algérien passera par une stratégie industrielle cohérente, fondée sur la production locale, la transparence et la compétitivité .
S. A.
Marché automobile algérien: La reprise portée par les importations chinoises annonce un tournant durable

