Appel à défendre la Palestine et à revitaliser le multilatéralisme: Attaf dénonce l’impuissance de l’ONU

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a pris la parole ce lundi à New York lors de la séance de débat général de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans une allocution dense et grave, il a rappelé que l’organisation mondiale s’apprête à franchir le cap symbolique de ses 80 ans dans un environnement international marqué par une instabilité croissante, l’accumulation des crises et la multiplication des conflits. Selon M. Attaf, la planète vit une époque d’« extrême turbulence, d’extrême gravité et d’extrême complexité », où les engagements et pactes se multiplient mais restent très rarement appliqués. Dans le même temps, a-t-il observé, les avancées technologiques se succèdent à une vitesse fulgurante, accentuant davantage le fossé du développement entre le Nord et le Sud. Face à ce constat, le chef de la diplomatie algérienne a pointé du doigt une ONU «paralysée dans son action, marginalisée dans son rôle et réduite au silence», alors même que ses chartes et résolutions devraient guider les relations internationales. Il a dénoncé les pratiques unilatérales, isolationnistes et protectionnistes qui fragilisent le multilatéralisme, rappelant que la responsabilité de redonner force et vitalité au droit international incombe en premier lieu aux États membres.
Dans la continuité de son propos, Ahmed Attaf a mis un accent particulier sur la question palestinienne, qualifiée de «cause aussi ancienne que l’ONU elle-même». Il a souligné que cette cause est adossée à un socle juridique solide, consolidé par plus de 1 000 résolutions, dont plus de 900 adoptées par l’Assemblée générale et près de 100 par le Conseil de sécurité. Mais aujourd’hui, a-t-il averti, la Palestine fait face au «plus grand danger de son histoire» : celui d’une tentative d’effacement pur et simple par l’annexion de ses terres, le déplacement forcé de son peuple, l’asphyxie de ses institutions légitimes et la destruction du consensus international autour de la solution à deux États.
«L’occupation israélienne affiche désormais ouvertement son intention de relancer ce qu’elle appelle le projet du Grand Israël», a-t-il alerté, insistant sur les menaces que ce projet expansionniste fait peser non seulement sur la Palestine, mais également sur les pays voisins comme le Liban, la Syrie, l’Égypte et la Jordanie. Pour le ministre, la communauté internationale ne peut plus éluder ses responsabilités. Elle doit agir avec fermeté afin que la fin de la huitième décennie de l’ONU soit aussi celle des souffrances endurées depuis des générations par le peuple palestinien .
Sabrina G.