Sommet de Doha: Plus de fermeté, peu d’engagements réels

Réunis en sommet d’urgence à Doha, les dirigeants arabes et musulmans ont condamné avec vigueur l’agression israélienne contre le territoire qatari, qui a coûté la vie à cinq Palestiniens et à un membre des forces de sécurité intérieure du pays. Mais derrière l’unanimité des mots, les actes concrets peinent à suivre, à l’exception notable de l’Algérie, dont l’engagement diplomatique s’est distingué par sa clarté et sa fermeté. Dans leur communiqué final, les participants ont proclamé une solidarité totale avec le Qatar, qualifiant l’attaque de «traîtresse et illégale» et affirmant qu’elle visait «l’ensemble du monde arabe
et islamique».
Pourtant, au-delà des déclarations, peu de capitales ont proposé des mesures tangibles. L’appel à une révision des relations diplomatiques et économiques avec Israël reste largement théorique, et les promesses de sanctions ou de suspension des livraisons d’armes n’ont pas été suivies d’engagements précis. Face à cette inertie, l’Algérie s’est imposée comme l’un des rares États à traduire sa indignation en action. Dès l’annonce de l’agression, le président Abdelmadjid Tebboune a mandaté son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, pour porter un message clair au sommet : soutien total à la souveraineté du Qatar, condamnation sans équivoque de l’attaque israélienne, et appel à la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
Ce geste diplomatique fort a été salué dans le communiqué final, qui reconnaît le rôle actif de l’Algérie au sein du Conseil de sécurité, notamment dans la défense de la cause palestinienne et dans les démarches visant à faire de l’État de Palestine un membre à part entière de l’ONU. Alors que le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a annoncé l’activation de mécanismes de défense commune, la plupart des États arabes se sont contentés d’exprimer leur indignation sans traduire celle-ci en mesures concrètes.
Certains, liés à Israël par des accords de normalisation, ont même évité toute escalade diplomatique, révélant les fractures persistantes au sein du monde arabe. Le sommet de Doha, censé marquer un tournant stratégique, a donc surtout mis en lumière l’isolement des voix courageuses.
L’Algérie, fidèle à sa tradition de diplomatie souveraine et solidaire, a rappelé que la défense des droits palestiniens et de la souveraineté des États arabes ne saurait être reléguée au rang de rhétorique. Dans un contexte où les menaces israéliennes s’étendent désormais jusqu’au cœur du Golfe, le silence ou l’ambiguïté ne sont plus des options .
Malik M.