Un souffle de dignité et de résistance a traversé le port de Bizerte ce samedi 13 septembre 2025. C’est là qu’a pris la mer la première embarcation de la Flottille mondiale Soumoud, initiative citoyenne internationale visant à briser le blocus imposé par l’entité coloniale à Ghaza.
Ce départ marque bien plus qu’un mouvement maritime : il incarne une insurrection morale contre l’asphyxie méthodique d’un peuple privé de ses droits depuis près de deux décennies. Le navire, arborant le pavillon espagnol et commandé par un capitaine tunisien, incarne l’universalité de la cause palestinienne.
À son bord, militants et volontaires venus de Tunisie, d’Espagne, de Turquie, d’Afrique et d’Europe, unis dans une même ferveur, ont hissé leurs drapeaux aux côtés de celui de la Palestine. Une image puissante, fidèle à l’esprit du mot «Soumoud» — fermeté, persévérance — qui donne son nom à la flottille. Cette initiative s’inscrit dans une tradition de résistance maritime qui, depuis le Mavi Marmara en 2010, défie le blocus illégal de Ghaza. Ce navire turc, attaqué en pleine mer par les forces de l’entité sioniste, avait vu tomber neuf militants, devenus symboles de la solidarité internationale.
Depuis, d’autres flottilles ont pris le relais — en 2011, 2012, 2018 — affirmant que Ghaza n’est pas seule, que la mer peut porter des messages de justice là où les chancelleries se taisent. La Flottille Soumoud ne se contente pas d’acheminer de l’aide humanitaire. Elle porte un message politique clair : le siège de Ghaza constitue une punition collective, un crime de guerre continu, que le droit international condamne mais que les institutions officielles tolèrent. Le départ de Bizerte est une réponse populaire à cette complicité silencieuse, une affirmation que la solidarité ne connaît ni frontières ni calculs diplomatiques.
D’autres embarcations rejoindront bientôt la Méditerranée, avec pour mission d’apporter soutien, espoir et présence morale aux 2,2 millions de Palestiniens enfermés sous blocus et bombardements.
Dans un monde où l’inaction diplomatique devient routine, chaque voile hissée vers Ghaza est un acte de mémoire et de courage : la résistance ne s’efface pas, elle se transmet, elle se vit, elle se renforce .
M. M.
TUNISIE : Bizerte, point de départ d’une solidarité insoumise La Flottille Soumoud lève l’ancre

