Cinquante ans après avoir marqué l’histoire du cinéma mondial, Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina revient sur les écrans dans une version restaurée en 4K, projetée en mai 2025 dans la prestigieuse section Cannes Classics du Festival de Cannes. Ce chef-d’œuvre, seul film africain à avoir remporté la Palme d’or (1975), sera distribué en France à partir du 6 août 2025, comme l’a souhaité son fils Malik Hamina, pour honorer la mémoire de son père et faire rayonner son œuvre.
À travers le parcours d’Ahmed, paysan pauvre confronté à la misère et à l’injustice, Chronique des années de braise retrace les grandes étapes de la résistance algérienne, de la colonisation à l’insurrection du 1er novembre 1954. Le film se déploie en six volets :Les Années de Cendre : sécheresse, abandon des terres L’Année de la Charrette : impact de la Seconde Guerre mondialeLes Années de Braise : éveil politique post-guerreL’Année de la Charge : élections de 1947 et dilemme entre légalisme et soulèvementLes Années de Feu : révoltes rurales et organisation des maquisLe 1er Novembre 1954 : naissance de la révolution algérienne. Né en 1934 à M’Sila, Mohamed Lakhdar-Hamina est un enfant de la révolution. Après avoir rejoint la résistance à Tunis en 1958, il est envoyé à Prague pour se former au cinéma. Dès ses débuts, il filme la lutte et la dignité des Algériens, avec des œuvres marquantes comme :Le Vent des Aurès (1966) : une mère à la recherche de son fils emprisonné, inspiré de sa propre grand-mèreHassan Terro (1968) : satire comique sur la guerre, avec Rouiched en antihérosDécembre (1972) : huis clos sur la torture, inspiré de la mort de son pèreVent de sable (1982) et La Dernière Image (1985) : réflexions sur la domination et la mémoireCrépuscule des ombres (2014) : retour sur les blessures de la guerre.
Le 23 mai 2025, quelques heures avant la projection de Chronique des années de braise à Cannes, Mohamed Lakhdar-Hamina s’éteint à Alger à l’âge de 91 ans.
Ce départ, survenu à l’aube d’un hommage mondial, scelle le destin d’un cinéaste qui aura consacré sa vie à raconter l’histoire de son peuple avec rigueur, lyrisme et engagement. La restauration du film, supervisée par le cinéaste lui-même, a été menée par le World Cinema Project de Martin Scorsese, la Cinémathèque de Bologne, et soutenue par l’UNESCO et la FEPACI5.
Elle permet aujourd’hui à une nouvelle génération de découvrir cette œuvre monumentale, miroir d’une mémoire collective et ferment de conscience.
Amina.S
sortie française le 6 août :Chronique des années de braise :retour en salles pour ses 50 ans

