Un nouveau décret exécutif, publié au Journal officiel, vient bouleverser les règles de la circulation routière en Algérie, avec des mesures ambitieuses visant à renforcer la sécurité, améliorer la traçabilité des véhicules et adapter le système aux évolutions du parc automobile.
Ce texte, signé par le Premier ministre Nadir Larbaoui, marque une étape décisive dans la modernisation du cadre légal de la mobilité. Parmi les changements majeurs, l’ancienne « carte grise » cède officiellement sa place à la « carte d’immatriculation », désormais obligatoire pour tout véhicule ou remorque de plus de 500 kg. En cas de vente ou de modification des données techniques, une nouvelle carte devra être demandée auprès du wali de la wilaya de résidence. Cette mesure vise à garantir une traçabilité rigoureuse et à prévenir les litiges liés à la propriété des véhicules.Les motos et cyclomoteurs ne sont pas en reste : ils devront désormais passer un contrôle de conformité auprès de l’administration des mines et être immatriculés selon les mêmes procédures que les véhicules automobiles. Les modèles dont la puissance dépasse 73,6 kilowatts devront obligatoirement être équipés d’un système de freinage antiblocage (ABS), une exigence technique destinée à réduire les accidents impliquant les deux-roues.
La vente de véhicules est également encadrée par de nouvelles obligations. L’ancien propriétaire devra informer le wali de la transaction, en précisant l’identité et le domicile de l’acquéreur. Toute transformation notable du véhicule nécessitera un nouveau contrôle de conformité, afin de garantir que les modifications respectent les normes en vigueur. Le décret introduit aussi une nouvelle classification des permis de conduire, répartie en onze catégories : A1, A, B, B (E), C1, C1 (E), C, C (E), D, D (E) et F. Les conducteurs des catégories B, C et D, ainsi que leurs extensions, devront désormais obtenir un certificat de compétence professionnelle pour exercer dans le transport de marchandises, de personnes ou de matières dangereuses. Cette mesure vise à professionnaliser davantage le secteur et à garantir que les conducteurs sont formés aux exigences spécifiques de leur activité. Le ministère de l’Intérieur justifie ces réformes par la nécessité de renforcer la sécurité routière dans un contexte préoccupant. Ce décret incarne une volonté politique forte de faire de la route un espace plus sûr, plus transparent et plus adapté aux réalités techniques et humaines du pays. Il s’agit d’un tournant réglementaire qui pourrait, à terme, transformer durablement les comportements et les pratiques de mobilité en Algérie .
F.H.

