La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une recrudescence inquiétante du choléra, avec plus de 35.000 cas signalés depuis le début de l’année 2025, a annoncé le ministre de la Santé, Roger Kamba. Le pays reste dans une « phase aiguë » de l’épidémie, avec une hausse continue du nombre d’infections et 17 provinces désormais touchées.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi à Kinshasa, le ministre a précisé que le rythme de contamination s’accélère, passant de 1.500 cas la semaine précédente à 2.000 cas récemment. Il a souligné que l’épidémie, présente en RDC depuis 1973, reste endémique dans plusieurs régions de l’est, mais connaît aujourd’hui une propagation rapide vers l’ouest, notamment dans la capitale Kinshasa, qui compte plus de 17 millions d’habitants. Parmi les provinces les plus affectées figurent la Tshopo, Kinshasa, le Sud-Kivu, le Maniema et le Nord-Kivu. Le taux de létalité national atteint 3 %, avec un pic alarmant de 9 % dans la capitale. Des cas isolés ont aussi été enregistrés dans des provinces du centre du pays, suscitant la préoccupation des autorités sanitaires.
Malgré les efforts engagés, le ministre a reconnu que 80 % des décès surviennent encore au sein des communautés, avant l’arrivée des patients dans les structures de soins.
Il attribue la flambée actuelle à plusieurs facteurs aggravants : les inondations récurrentes, le manque d’accès à l’eau potable, l’insalubrité croissante et les déplacements massifs de population.Afin de contenir l’épidémie et prévenir une propagation vers les pays voisins, le gouvernement prévoit de renforcer les dispositifs de contrôle sanitaire aux frontières à travers le Programme national d’hygiène. À noter que l’épidémie a été officiellement déclarée le 5 mai 2025 par les autorités congolaises, en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Malik.M.

