Un bras de fer commercial et diplomatique: Tensions croissantes entre les BRICS et Trump

Réunis à Rio de Janeiro pour leur sommet annuel, les pays membres du groupe BRICS ont exprimé leur inquiétude face à la multiplication de mesures commerciales unilatérales jugées déstabilisatrices pour l’économie mondiale. Sans nommer explicitement les États-Unis, la déclaration finale a dénoncé les barrières douanières croissantes, estimant qu’elles entravent le développement économique global.
Cette prise de position, formulée sous la présidence du Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, n’a pas tardé à susciter une réponse cinglante de la part de Donald Trump. Fidèle à son ton combatif, l’ancien président américain a menacé sur la plateforme Truth Social d’imposer une surtaxe de 10 % à tout pays s’alignant sur les « politiques anti-américaines » des BRICS, sans exception.Face à ces menaces, les réactions ont été contrastées. Le président brésilien a vivement répliqué, rejetant toute velléité hégémonique : « Nous ne voulons pas d’empereur. Nous sommes des nations souveraines », a-t-il lancé, ajoutant que la réciprocité fiscale restait une option. À l’inverse, la Chine a adopté une approche plus diplomatique, réaffirmant son opposition au protectionnisme et à la confrontation commerciale, tout en appelant à des échanges ouverts et équilibrés.
La Russie, dont le président Vladimir Poutine a participé au sommet par visioconférence en raison du mandat d’arrêt de la CPI, a tenté d’apaiser les tensions. Le Kremlin a insisté sur le caractère non conflictuel du groupe, affirmant que ses actions ne visent aucun pays tiers.Du côté sud-africain, le président Cyril Ramaphosa a exprimé sa déception face à une réaction aussi hostile, après ce qu’il considère comme une initiative constructive du bloc. Pour Marta Fernandez, experte du BRICS Policy Center, Trump cherche à intimider l’ensemble du groupe, et notamment des pays comme l’Inde, avec qui Washington entretient des relations bilatérales sensibles.Fondé pour offrir un contrepoids au modèle occidental, le groupe des BRICS s’est élargi ces dernières années en intégrant des pays du « Sud global » tels que l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie, l’Iran et l’Indonésie. Ce renforcement de la cohésion Sud-Sud n’est pas du goût de Donald Trump, déjà irrité par les discussions internes au bloc autour de la dédollarisation du commerce inter-BRICS.À Rio, une autre source de tension a émergé : la condamnation, implicite mais claire, des frappes menées en juin contre l’Iran par les États-Unis et Israël. Une critique de plus qui, même formulée avec prudence, alimente la montée de tension entre le BRICS et l’ancien président américain, en pleine campagne électorale n l Farid.H.