La junte malienne en échec face au terrorisme:La junte malienne en échec face au terrorisme

Rien ne va plus pour la junte militaire malienne dirigée par le colonel Assimi Goïta. En dépit de ses discours martiaux et de ses alliances controversées, le pays continue de sombrer dans une spirale d’insécurité inquiétante, menaçant désormais la stabilité de toute la région, y compris celle de l’Algérie voisine.Le mardi 1er juillet 2025, le Mali a été la cible d’une série d’attaques terroristes coordonnées d’une ampleur exceptionnelle. Sept localités — Niono, Modolo, Sandaré, Nioro du Sahel, Diboli, Gogui et Kayes — ont été visées simultanément par des groupes armés dans les régions de Ségou, Nioro et Kayes.
L’État-major malien, via un bref communiqué, a reconnu ces offensives, sans toutefois en dévoiler les pertes humaines ou matérielles, illustrant une fois de plus le manque de transparence habituel du régime.Ces attaques, qui montrent une capacité de coordination redoutable de la part des groupes djihadistes, mettent à nu l’incapacité de la junte à sécuriser son propre territoire. Et pourtant, le colonel Goïta, arrivé au pouvoir par la force en 2021 après deux coups d’État successifs, n’a cessé de promettre sécurité, souveraineté et indépendance stratégique. Quatre ans plus tard, ces promesses semblent plus éloignées que jamais.
La rupture progressive avec la France, la fin des coopérations traditionnelles et l’ouverture à de nouveaux partenaires, notamment la Russie et les mercenaires du groupe Wagner, n’ont pas permis d’endiguer la menace terroriste. Au contraire, les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à Daech ont renforcé leur emprise dans plusieurs régions, multipliant les attaques meurtrières contre les Forces armées maliennes (FAMa). En juin dernier, des attaques d’une violence extrême ont visé Mahou, Tessit, Tombouctou et même l’aéroport stratégique de cette dernière, avec des bilans humains terrifiants.Parmi les groupes les plus actifs figure le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), dirigé par Iyad Ag Ghali.
Ce dernier a notamment revendiqué l’assaut du 1er juin contre la base militaire de Boulkessi, infligeant des pertes lourdes aux FAMa. Malgré les nombreuses opérations dites de « ratissage », souvent accompagnées par des supplétifs étrangers, les djihadistes conservent leur mobilité et leur capacité de nuisance.Pour l’Algérie, qui partage une longue frontière avec le Mali, cette dérive sécuritaire est une source majeure d’inquiétude. L’instabilité persistante au nord et au centre du Mali crée un vide sécuritaire propice à l’infiltration de groupes armés dans les zones frontalières. Le risque de débordement est réel, et Alger, acteur régional de paix, observe avec préoccupation l’enlisement d’un voisin livré à l’improvisation militaire et à la faillite de l’État.
Pire encore, la population civile malienne, abandonnée à son sort dans de nombreuses régions, continue de fuir les violences, aggravant la crise humanitaire. L’autorité centrale, déjà fragilisée, perd du terrain face à l’impunité, l’extorsion et les représailles menées par les groupes extrémistes.
La junte d’Assimi Goïta a échoué à bâtir un État solide. L’absence de résultats tangibles, l’ajournement répété des élections, le déficit de légitimité et la gestion sécuritaire chaotique poussent le pays au bord du gouffre. La promesse de souveraineté n’aura été qu’un leurre pour masquer une stratégie sans vision, alors même que les menaces s’accumulent.Aujourd’hui, le Mali n’est plus seulement une crise nationale : c’est une bombe régionale à retardement. L’Algérie, attachée à la stabilité du Sahel et à la paix entre les peuples, appelle à un sursaut politique réel à Bamako.
La persistance du désordre malien est une menace directe pour toute la région. Il est grand temps pour la junte de rompre avec l’aveuglement stratégique et de redonner au peuple malien l’espoir d’un avenir digne et sûr.Car ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la survie d’un régime militaire, mais la paix et la sécurité de toute l’Afrique du Nord et du Sahel
Malik.M.