Les violences au Soudan ont connu une escalade mardi avec une série d’attaques simultanées à Port-Soudan, dernière grande ville épargnée par les combats entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR). Ces frappes, attribuées aux FSR, ont ciblé des infrastructures clés, perturbant gravement les capacités logistiques et humanitaires du pays.
Une attaque par drone a frappé l’aéroport de Port-Soudan, entraînant l’annulation de tous les vols. Selon un responsable aéroportuaire, les frappes ont visé une zone utilisée par l’aviation civile. Cet aéroport était jusqu’ici le seul encore opérationnel pour les liaisons internationales, cruciales pour l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des civils.
Aucun bilan humain n’a été communiqué dans l’immédiat. Presqu’au même moment, l’hôtel Marina, situé en centre-ville et hébergeant notamment des équipes médicales saoudiennes, a été touché par une roquette. Aucune victime n’a été signalée parmi les occupants, mais l’incident illustre la précarité des acteurs humanitaires dans cette guerre. Port-Soudan, jusqu’alors relativement épargnée, sert de base arrière pour les organisations internationales et les diplomates depuis la chute de Khartoum. Plus tôt dans la journée, un dépôt pétrolier près du port maritime a été la cible d’une attaque de drones, provoquant un incendie majeur. Le ministère soudanais de l’Énergie a confirmé que le principal réservoir stratégique et quatre autres cuves de carburant avaient été touchés, risquant d’aggraver les pénuries dans un pays déjà confronté à une crise énergétique. L’armée soudanaise a immédiatement pointé du doigt les FSR, qui n’ont pas revendiqué ces attaques.
Le conflit, déclenché le 15 avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 13 millions de personnes. L’ONU qualifie la situation de « pire catastrophe humanitaire » actuelle, avec des risques de famine dans plusieurs régions. Ces frappes coordonnées marquent une nouvelle étape dans l’extension géographique du conflit, alors que les tentatives de médiation internationale peinent à aboutir. La communauté humanitaire redoute désormais une paralysie totale des voies d’approvisionnement, aggravant une crise déjà hors de contrôle .
Malik.M.
Attaques coordonnées à Port-Soudan : L’aéroport paralysé, seul lien aérien international coupé

