Pour «sauver Hollywood»: Trump veut taxer à 100% les films étrangers

Donald Trump a annoncé, dimanche, son intention d’imposer des droits de douane de 100% sur les films étrangers diffusés aux États-Unis, accusant d’autres pays de « siphonner » l’industrie cinématographique américaine par des subventions attractives.
Dans un message posté sur Truth Social, l’ancien président a dépeint un tableau alarmiste : « L’industrie cinématographique américaine est en train de mourir très rapidement. Hollywood et de nombreuses autres régions des États-Unis sont dévastées. » Selon lui, des incitations financières proposées à l’étranger poussent les studios à délocaliser leurs tournages, privant ainsi l’économie américaine de milliards de dollars.

«Made in America » : une priorité économique… ou électorale ?
Trump justifie cette mesure par un argument « America First » : « Nous voulons des films MADE IN AMERICA », a-t-il martelé en majuscules. Son secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a immédiatement relayé le message, assurant qu’il mettrait en œuvre cette politique. Cette annonce s’inscrit dans la lignée des taxes protectionnistes imposées par Trump durant son mandat (2017-2021), notamment sur l’acier, l’automobile et les semi-conducteurs. Mais c’est la première fois qu’il cible explicitement l’industrie du divertissement, pourtant l’un des fleurons culturels et économiques des États-Unis.
Quels pays sont dans le viseur ?
Si Trump n’a pas nommé de cibles précises, plusieurs États sont régulièrement pointés du doigt pour leurs avantages fiscaux destinés aux productions hollywoodiennes : Le Canada (notamment Vancouver et Toronto, surnommés « Hollywood North ») Le Royaume-Uni, où des blockbusters comme Star Wars ou Harry Potter ont été tournés grâce à des crédits d’impôt. La Nouvelle-Zélande, devenue un hub cinématographique depuis Le Seigneur des Anneaux.
Les pays d’Europe de l’Est et les Émirats arabes unis, qui offrent des coûts de production bien inférieurs à ceux de Los Angeles. Une telle taxe pourrait déstabiliser l’industrie mondiale du cinéma, où les coproductions et les tournages internationaux sont monnaie courante.
Réactions : Hollywood divisé, risques de représailles
Si certains producteurs américains pourraient saluer une mesure protégeant leurs intérêts, d’autres redoutent des représailles économiques (les films américains représentent 70% du marché mondial), une hausse des coûts pour les studios, déjà fragilisés par les plateformes de streaming et un isolement culturel des États-Unis, alors que le cinéma est un vecteur d’influence majeur. Par ailleurs, l’argument de la « sécurité nationale » avancé par Trump semble étonnant. S’agit-il de lutter contre la propagande étrangère ? Ou simplement d’un prétexte pour justifier une mesure protectionniste ?
Et maintenant ?
Trump, candidat à la présidentielle de 2024, mise une fois de plus sur le nationalisme économique pour séduire son électorat. Mais une telle taxe nécessiterait un vote au Congrès… où l’opposition démocrate pourrait bloquer le projet. Une chose est sûre : si cette mesure se concrétise, ce ne sera pas seulement une guerre commerciale, mais aussi une bataille culturelle. Entre préservation de l’emploi local et risques d’escalade, Hollywood pourrait bien devenir le prochain champ de bataille économique entre les États-Unis et le reste du monde .
Amina.S

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