La solution aux pénuries de médicaments : “Produire localement”

L’Algérie a fait de l’industrie pharmaceutique une priorité nationale pour assurer sa souveraineté médicamenteuse, conformément aux directives du président de la République. Imène Belabbas, directrice centrale de la pharmaco-économie au ministère de l’Industrie pharmaceutique, a expliqué sur les ondes de la Radio algérienne que l’objectif est de localiser la production de médicaments pour réduire la dépendance aux matières premières importées, dont les prix fluctuent constamment sur le marché mondial. Ces fluctuations sont à l’origine des ruptures de stocks fréquentes en Algérie, provoquant des tensions sur certains médicaments.
La pandémie de Covid-19 a accéléré cette prise de conscience, poussant l’Algérie à développer toute la chaîne de production pharmaceutique sur son territoire. Plusieurs projets structurants ont été lancés pour réduire les importations, renforcer les capacités de production locales et garantir un accès continu aux médicaments essentiels. Parmi les priorités figurent la fabrication locale des matières premières, la modernisation des infrastructures industrielles et l’intégration de technologies avancées.
Dans le domaine de la qualité et de la sécurité des médicaments, l’Algérie développe des tests de bioéquivalence et prépare la création d’un centre d’essais cliniques en vie réelle. Concernant l’insuline, dont la commercialisation était annoncée pour avant le Ramadan, sa mise sur le marché est imminente. Saidal, en partenariat avec un acteur étranger, a développé une insuline lente innovante (Glargine) qui réduit la fréquence des injections à une seule prise quotidienne. Le taux de couverture des besoins nationaux en médicaments a atteint 76%, avec une réduction significative des importations.
L’Algérie vise désormais l’exportation, comme en témoigne l’envoi d’insuline vers l’Arabie saoudite par un opérateur privé en 2023. Pour optimiser la chaîne d’approvisionnement, une plateforme digitale a été mise en place en collaboration avec le Haut-commissariat à la numérisation. Cet outil permet de détecter les risques de pénurie et d’orienter la production locale en conséquence, tout en offrant une traçabilité complète depuis les ports d’importation jusqu’au patient. Atravers ces initiatives, l’Algérie construit une industrie pharmaceutique résiliente, capable de répondre aux besoins nationaux tout en se positionnant à l’international. La priorité donnée à la recherche, l’innovation et la digitalisation ouvre la voie à une souveraineté médicamenteuse totale, essentielle pour la santé publique et l’économie nationale.
Malik.M.

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