8e conférence de l’Association de l’industrie du gaz à Oran: Numérisation, IA et hydrogène au cœur des débats

Réunis à Oran pour la 8e conférence de l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG), les acteurs du secteur plaident pour une modernisation en profondeur, alliant décarbonation, intelligence artificielle et investissement dans les compétences humaines.
Le gaz naturel reste une énergie incontournable pour assurer la stabilité des marchés tout en accompagnant le déploiement des énergies renouvelables. Mais pour relever les défis de demain, l’industrie gazière doit impérativement se numériser.
C’est le message qu’a fait passer Noureddine Daoudi, président de l’AIG et PDG du groupe Sonatrach, à l’ouverture du symposium oranais placé sous le thème «Gaz naturel et hydrogène : l’innovation au service d’une industrie durable».
Dans une allocution lue par Ferhat Ounoughi, vice-président chargé du développement et du marketing, Daoudi a insisté sur le rôle central des technologies de pointe, numérisation, intelligence artificielle, pour améliorer les performances industrielles, prolonger la durée de vie des installations et renforcer leur efficacité opérationnelle.
Les récentes évolutions du marché prouvent, selon lui, que le gaz naturel conserve un avantage stratégique : sa flexibilité et son empreinte carbone réduite par rapport aux autres combustibles fossiles en font un allié précieux pour intégrer les énergies intermittentes dans un mix équilibré et sécurisé.
Sonatrach, a-t-il rappelé, poursuit ses efforts pour consolider son statut de fournisseur fiable : accroissement des capacités de production, modernisation des infrastructures gazières, élargissement des partenariats internationaux.
L’objectif : garantir la sécurité des approvisionnements tout en répondant aux exigences toujours plus strictes des marchés mondiaux. Daoudi a également souligné que la transition énergétique est désormais une priorité planétaire, et que la décarbonation du secteur gazier en est un axe majeur.
Dans cette perspective, l’hydrogène à faible teneur en carbone apparaît comme une ressource d’avenir, porteuse de nouvelles coopérations internationales et d’investissements dans les technologies propres.
Pour les pays producteurs de gaz comme l’Algérie, c’est une opportunité stratégique de développer de nouvelles chaînes de valeur et de renforcer leur position sur les marchés énergétiques
de demain.Mais aucune transformation n’est possible sans un investissement durable dans le capital humain.
Le président de l’AIG a insisté sur la nécessité de former des compétences qualifiées, capables d’innover et de suivre le rythme effréné des évolutions scientifiques. Pendant deux jours, plus de 700 participants, experts, représentants de Sonatrach, Sonelgaz, entreprises internationales et startups – vont plancher sur ces questions à travers panels, tables rondes et présentations techniques. Un salon parallèle réunit 25 entreprises nationales et 10 jeunes pousses innovantes.

L’Algérie, leader du GNL salué par l’Union internationale du gaz
Invité de marque, Andrea Stegher, président de l’Union internationale du gaz (UIG), a salué l’expertise algérienne : «Les spécialistes du gaz en Algérie ont compris depuis longtemps que cette ressource n’est pas seulement une source d’énergie, mais un moyen au service des populations et un levier essentiel pour une véritable durabilité.»
Selon lui, le gaz reste une solution incontournable à court terme pour répondre à la demande énergétique croissante – notamment celle générée par l’intelligence artificielle et les centres de données – tout en réduisant l’intensité carbone. Stegher a appelé à poursuivre les investissements dans les infrastructures gazières et à développer l’innovation, en particulier par la digitalisation et l’IA.
Il a également annoncé que le prochain congrès de l’UIG (GRC 2027) se tiendra à Budapest sur le thème de l’innovation. Enfin, il a rendu hommage au rôle moteur de l’Algérie et de son association gazière dans le développement régional de l’industrie, estimant que les infrastructures réalisées au fil des décennies constituent un atout stratégique pour l’avenir. «Nous représentons une communauté d’ingénieurs, d’opérateurs, d’entrepreneurs et d’innovateurs unis par un objectif commun : une transition énergétique responsable, durable et abordable», a conclu M. Stegher, appelant à davantage d’investissements, de soutien politique à l’innovation et d’actions concrètes pour le climat.
Samira G.