5,6 millions de visiteurs: SILA 2025 : un carrefour de cultures, de mémoire et d’affluence record

Le rideau est tombé sur la 28ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger (SILA), qui s’est tenue du 30 octobre au 7 novembre au Palais des expositions des Pins-Maritimes. En dix jours, l’événement a confirmé son statut de rendez-vous culturel majeur en Algérie et dans le monde arabe, en enregistrant une affluence exceptionnelle de plus de 5,6 millions de visiteurs, avec un pic de 850 000 personnes le 6 novembre. Placée sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette édition a rassemblé 1 254 maisons d’édition venues de 49 pays, dont la Mauritanie, invitée d’honneur, offrant au public une mosaïque de 140 000 titres couvrant tous les genres et sensibilités.
Mais le SILA 2025 ne s’est pas limité à l’exposition. Fidèle à sa vocation de plateforme intellectuelle, il a proposé une trentaine d’activités culturelles autour de la mémoire, de l’histoire, de l’identité, de la création littéraire et des mutations de l’édition à l’ère de l’intelligence artificielle. Le thème choisi,
«Le livre, carrefour des cultures», a trouvé un écho dans chaque conférence, chaque rencontre, chaque hommage. Parmi les temps forts : des débats engagés sur les luttes de libération, avec un focus sur les causes sahraouie et palestinienne, une mise en lumière des crimes de la colonisation française, notamment les massacres du 8 mai 1945, et des hommages vibrants à des figures majeures de la pensée algérienne, dont Frantz Fanon, célébré à l’occasion du centenaire de sa naissance, et l’Émir Abdelkader, au cœur d’une conférence dédiée à son héritage.
Le salon a également honoré les écrivains Rachid Boudjedra et Abdelhamid Benhadouga, tout en rendant hommage à plusieurs auteurs, éditeurs et figures culturelles récemment disparus.
Un colloque international, intitulé «L’Algérie dans la civilisation», a réuni une pléiade d’intellectuels, d’universitaires et d’écrivains algériens et étrangers, venus interroger la place du pays dans l’histoire des idées et des cultures.
Institutions et organismes culturels ont répondu présents : le ministère de la Culture et des Arts, l’APN, le Conseil de la nation, l’ONDA, le Haut Conseil de la langue arabe, le Haut Commissariat à l’Amazighité ou encore le CRASC ont animé des espaces de dialogue et de transmission.
Le dernier jour, les allées du salon étaient encore noires de monde, attiré·es par les remises allant jusqu’à 40% proposées par de nombreux exposants. Au-delà des chiffres, c’est l’énergie collective, la soif de lecture et le dialogue des cultures qui ont marqué cette édition.
Le SILA 2025 s’impose ainsi comme un espace de mémoire, de savoir et de projection, où le livre devient un trait d’union entre les peuples, les générations et les imaginaires. Un rendez-vous qui, plus que jamais, confirme que la culture est un pilier de la souveraineté et de la cohésion nationale.
Amina S