Le cinéaste américain Steven Spielberg a dévoilé mercredi dernier à Las Vegas les premières images de son très attendu Disclosure Day , son retour au cinéma de science‑fiction 50 ans après s’être emparé du thème extraterrestre. À 79 ans, le réalisateur oscarisé a choisi le salon CinemaCon, rendez‑vous incontournable des professionnels du secteur, pour présenter ce thriller mystérieux dont la sortie est prévue le 12 juin aux États‑Unis.
Le film suit Emily Blunt en présentatrice météo d’une chaîne locale de Kansas City, Josh O’Connor en expert en cybersécurité prêt à révéler des secrets d’État, et Colin Firth en chef d’une agence gouvernementale prêt à tout pour étouffer la vérité.
La bande‑annonce diffusée au Caesars Palace montre Blunt se mettant soudain à émettre des cliquetis incompréhensibles en direct, tandis qu’O’Connor affirme pouvoir la comprendre car «c’est des mathématiques».
Une scène montre également des silhouettes non humaines, avec des corps allongés sur des brancards dont on ignore s’ils sont encore humains. Le film réunit également Colman Domingo, Eve Hewson et Wyatt Russell.
Spielberg a insisté sur le réalisme de son projet : «Un demi‑siècle plus tard, j’ai réalisé Disclosure Day avec la certitude bien plus forte qu’il y a davantage de vérité que de fiction dans ce film.» Il a expliqué que son intérêt avait été relancé par un article du New York Times de 2017 révélant l’existence d’un programme secret du Pentagone sur les phénomènes aériens non identifiés. «Le monde est devenu plus ouvert à l’idée que nous ne sommes probablement pas seuls», a‑t‑il déclaré.
Ce réalisme affirmé contraste avec Rencontres du troisième type (1977), que le cinéaste qualifie aujourd’hui de pure spéculation.
Pour maintenir le suspense, Spielberg a pris une décision rare : aucune image du troisième acte ne figurera dans les bandes‑annonces. «Tout ce que vous avez vu jusqu’à présent, y compris ce que nous avons montré ce soir, ne contient rien du troisième acte», a‑t‑il assuré, soulignant sa volonté de préserver l’expérience de la découverte en salle. Une stratégie qui tranche avec les habitudes actuelles où les trailers dévoilent souvent l’intégralité des intrigues.
Lors de sa première participation à CinemaCon, Spielberg a reçu le prestigieux MPA America250 Award, distinction unique créée pour le 250ᵉ anniversaire de la Déclaration d’indépendance.
Le patron de la Motion Picture Association, Charles Rivkin, a salué «un artiste inégalé, un créateur unique, une véritable légende américaine». Visiblement ému, Spielberg a dédié ce prix «à tous ceux qui préservent les libertés créatives permettant aux artistes de rêver sans censure».
Profitant de l’attention médiatique, le réalisateur a également plaidé pour un retour à des sorties en salles plus longues, alors que les plateformes de streaming réduisent les fenêtres d’exploitation.
Il a salué l’engagement récent d’Universal d’imposer une fenêtre de 45 jours pour les grandes sorties, avant de lancer avec humour : «Mais aujourd’hui, j’entends parler de 60 jours ?» Selon lui, les films ne restent pas assez longtemps à l’affiche pour créer un véritable événement culturel. Il a promis que «Disclosure Day est une expérience, et tout ce dont vous avez besoin pour aller du début à la fin, c’est d’une ceinture de sécurité».
En misant sur le mystère et l’attrait des grands écrans, Spielberg espère recréer la magie d’une époque où le cinéma se vivait comme un événement collectif. «Je crois vraiment que ce film va apporter des réponses, et vous pousser à vous poser beaucoup de questions», a‑t‑il conclu.
Amina S.
50 ans après Rencontres du troisième type: Steven Spielberg dévoile Disclosure Day, son nouveau film sur les extraterrestres

