C’est une ambition qui dépasse la simple création d’une application. Youcef Touileb, fondateur de « 1TIK », premier réseau social algérien, entend offrir au pays une alternative numérique crédible face aux géants étrangers. Son objectif : renforcer la souveraineté digitale de l’Algérie en développant des solutions locales qui permettent de maîtriser les données et de produire la technologie sur place, plutôt que de la consommer passivement.
Invité jeudi sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio Algérienne, M. Touileb a expliqué que « 1TIK dépasse le simple cadre d’un réseau social pour devenir une plateforme numérique intégrée, pensée selon les spécificités de la société algérienne ». Concrètement, l’application propose déjà un espace mêlant actualités, vidéos, communautés et forums d’échange, avec une promesse d’enrichir ses services dans les mois à venir. Le cœur du projet repose sur un principe clair : le contrôle et l’hébergement locaux des données. « L’enjeu central réside dans la sécurité numérique et l’indépendance technologique », a souligné le fondateur, qui veut construire un écosystème durable, loin de la domination des plateformes étrangères. Selon lui, celles-ci imposent leurs règles économiques et captent l’essentiel de la valeur produite par les utilisateurs algériens. Face à ce constat, Youcef Touileb appelle à un sursaut collectif : « Utiliser des applications algériennes est une étape concrète vers la construction d’une économie numérique fondée sur les compétences locales. » Une manière de transformer la consommation numérique en levier de développement national. Pour encourager cette dynamique, le réseau social s’apprête à lancer une fonctionnalité de monétisation vidéo destinée aux créateurs de contenu algériens. Baptisée « 1TIK Studio », elle permettra de générer des revenus en fonction du nombre de vues, avec des paiements effectués localement .
N. C.

