A l’approche de la Journée nationale de l’émigration, l’Office national de la culture et de l’information (ONCI) déploie un programme commémoratif d’envergure à travers le territoire national, mettant en lumière le rôle historique de la diaspora algérienne dans le combat pour l’indépendance. Ce cycle d’activités, pensé comme un hommage vivant, rappelle notamment l’engagement de l’émigration ouvrière, creuset de la conscience politique qui donna naissance à l’Étoile nord-africaine dès 1926, avec pour revendication centrale l’indépendance totale de l’Algérie.
À Oran, la salle Le Maghreb accueillera samedi prochain une rencontre animée par quatre intervenants, consacrée à la lutte des Algériens exilés en France, dans ce que le dirigeant du FLN Ali Haroun qualifiait de «Wilaya VII». Cette séquence reviendra sur les formes d’organisation, les réseaux militants et les figures emblématiques de la Fédération de France du FLN.
À Tipasa, une exposition ouvrira jeudi au complexe Abdelwahab-Salim, présentant journaux, ouvrages et témoignages retraçant le fonctionnement de cette fédération, dont les dirigeants — Omar Boudaoud, Haroun, Benyounès, Harbi, Taleb El Ibrahimi, Ahmed Doum, Moh Ghafir dit Clichy, Meziane Chérif et bien d’autres — ont laissé des écrits précieux pour la mémoire collective. Dans plusieurs villes, l’ONCI propose également des spectacles et animations en partenariat avec des associations locales.
À Kherrata, aux Issers et à Alger, des programmes éducatifs et artistiques sont prévus. La salle Ahmed-Bey accueillera vendredi prochain la pièce Tahya El Djazair, tandis que Rihlat El Houriya, production théâtrale d’une coopérative de Tipasa, sera présentée le matin même à la salle Atlas de Bab El Oued.
Le cinéma, témoin de l’histoire, occupe aussi une place centrale dans cette commémoration. Le réseau de la cinémathèque nationale diffusera des films retraçant les événements du 17 octobre 1961 à Paris, dont Octobre à Paris de Jacques Panijel et Nuit noire de Yasmina Adi. D’autres œuvres abordent les réalités de l’émigration, telles que Mektoub d’Ali Ghanem, Ali au pays des mirages d’Ahmed Rachedi, Chouchou de Merzak Allouache ou encore Indigènes de Rachid Bouchareb.
Enfin, plusieurs conférences viendront enrichir cette programmation, en Algérie comme à l’étranger.
À Paris, le Centre culturel algérien organise une rencontre avec Louassini Djamai, auteur du livre Les Poulbons des bidonvilles de Nanterre, dont le témoignage d’enfance éclaire les conditions de vie des familles algériennes à l’époque. À Alger, le professeur Mohamed Chétif Ghebalou a ouvert le cycle avec une conférence au Bastion 23 intitulée La révolution algérienne au cœur de Paris, soulignant le rôle stratégique de la diaspora dans la lutte de libération n
l Amina S.
17 octobre 1961:L’ONCI mobilise la culture pour honorer la mémoire de l’émigration militante

