rrivé à sa quatrième édition, le concours de chant populaire féminin «Urar n Lxalat di Tizi» confirme sa maturité et son ancrage durable dans le paysage culturel de la wilaya de Tizi Ouzou.
Organisé à l’occasion de Yennayer par la direction de la culture et des arts, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous incontournable, porté par un engouement croissant des femmes issues des villages de la région.
Cette édition a rassemblé quinze troupes venues principalement de la Haute Kabylie, témoignant de l’élargissement constant du concours. Durant deux journées d’auditions, les participantes ont présenté des prestations riches et authentiques, évaluées par un jury composé de figures reconnues de la scène artistique kabyle. La finale, organisée dans une salle comble à la maison de la culture Mouloud-Mammeri, a consacré la troupe de «Yessis Nath Argane», qui succède ainsi à la lauréate de l’an dernier, «Ivahriyen Afara» de Tigzirt.
Les groupes d’Aït-Bouadou et d’Aït-Oumalou ont complété le podium. Moment fort de la cérémonie, le prix spécial «Lla Yamina», dédié à la pionnière de ce chant collectif, a été attribué à la troupe de «Tadukli Tifilkout d’Illilten». Tout au long des prestations, le public a repris les chants à l’unisson, illustrant l’attachement profond de la population à cet héritage transmis de génération en génération.
Pour la directrice de la culture et des arts, Nabila Gouméziane, ce succès reflète la noblesse d’un art porté par des femmes qui racontent, à travers leurs voix, l’identité, la mémoire sociale et les sacrifices d’hier.
Elle a salué leur courage, leur aisance sur scène et le soutien de leur entourage, estimant que ce chant
collectif constitue un véritable trésor immatériel.
Au-delà du concours, l’ambition affichée est claire : donner à «Urar n Lxalat» une dimension nationale, l’institutionnaliser et œuvrer à la reconnaissance de l’«Achwik» comme patrimoine immatériel universel.
Selon le professeur Slimane Hachi, directeur du CNRPAH, le dossier relatif à l’Achwik progresse favorablement, tout comme celui de la tenue kabyle, ouvrant la voie à une reconnaissance internationale plus large des expressions culturelles amazighes.
Amina S.
