Une victoire financière retentissante: L’Algérie sort de la liste grise du GAFI

C’est un verdict tombé à l’unanimité, et il résonne comme une consécration : l’Algérie a officiellement été retirée de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) ce vendredi, lors de la séance plénière organisée au siège de l’OCDE à Paris.
Une décision historique qui couronne dix-huit mois d’efforts intenses, de réformes structurelles et d’une mobilisation sans précédent de l’ensemble des institutions de l’État.
Le pays rejoint désormais le cercle des systèmes financiers reconnus comme fiables, transparents et conformes aux standards les plus exigeants de la communauté internationale.

Une délégation de haut vol, un dossier béton
Pour porter ce combat à Paris, l’Algérie avait dépêché ses meilleurs atouts. La délégation, conduite par le ministre des Finances Abdelkrim Bouzred et le gouverneur de la Banque d’Algérie Mohammed Lamine Lebbou, a su défendre un dossier solide, étayé par des preuves concrètes de transformation. Face aux experts du GAFI, réputés pour la rigueur de leurs évaluations, les représentants algériens ont démontré point par point l’ampleur des changements accomplis depuis l’inscription du pays sur cette liste en 2024. Car le défi était de taille. En à peine un an et demi, l’Algérie a déployé une stratégie nationale ambitieuse et transversale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Tous les secteurs ministériels ont été mis à contribution, dans une dynamique de coordination inédite qui témoigne de la détermination des plus hautes autorités de l’État à tourner définitivement la page.

Un satisfecit international sans réserve
Le verdict des membres du GAFI ne laisse place à aucune ambiguïté. Les résultats présentés par l’Algérie ont été salués comme une «démonstration concrète» de volonté politique, d’efficacité dans
la mise en œuvre des réformes et d’attachement sincère aux standards internationaux en matière d’intégrité financière et de transparence économique. Des appréciations qui dépassent largement le cadre technique habituel de ce type d’évaluation : c’est bien la crédibilité globale du système financier algérien qui se trouve aujourd’hui confortée aux yeux du monde.
Cette reconnaissance internationale n’est pas anodine. Elle signifie concrètement que l’Algérie ne figure plus parmi les pays placés sous surveillance renforcée pour insuffisances législatives — une étiquette qui pesait sur son image et compliquait ses relations avec les partenaires financiers étrangers. Désormais libérée de cette contrainte, l’Algérie envoie un signal fort aux marchés, aux investisseurs et aux institutions financières du monde entier.

Un tournant pour l’économie nationale
Au-delà du symbole, les retombées économiques de cette décision pourraient être considérables.
La sortie de la liste grise ouvre la voie à des échanges commerciaux et financiers facilités avec les partenaires internationaux, réduit les coûts et les délais liés aux transactions transfrontalières, et améliore sensiblement les conditions dans lesquelles les entreprises algériennes évoluent sur la scène mondiale.
Pour les investisseurs étrangers, c’est également un facteur de réassurance décisif. Un pays figurant sur la liste grise du GAFI inspire méfiance et prudence ; un pays qui en sort à l’unanimité, après avoir réformé en profondeur son dispositif réglementaire, inspire confiance. Cette confiance retrouvée est un
capital précieux, que l’Algérie devra désormais entretenir et faire fructifier. Plus fondamentalement, cette sortie de la liste grise traduit une transformation profonde et durable des mécanismes de régulation financière du pays. L’Algérie ne s’est pas contentée de cocher des cases pour satisfaire aux exigences du GAFI : elle a engagé une refonte structurelle de son architecture de prévention et de lutte contre la criminalité financière, dont les effets bénéfiques se feront sentir bien au-delà de cette échéance parisienne. L’Algérie joue désormais dans la cour des grandes économies transparentes. Et elle compte bien y rester.
Lotfi L.-E.