Tunisie-Égypte: Kaïs Saïed réaffirme un front arabe uni face aux turbulences régionales

Dans un contexte social tendu, marqué par des coupures d’eau et d’électricité en plein cœur de l’été et des mouvements de contestation dans plusieurs villes, le président tunisien Kaïs Saïed a choisi la voie diplomatique pour évoquer, sans les nommer frontalement, les tensions que traverse son pays.
C’est au détour d’un entretien téléphonique avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, mardi 28 juillet, qu’il a livré sa lecture des événements.
Selon un communiqué de la présidence tunisienne, les deux chefs d’État ont d’abord fait le point sur l’état des relations bilatérales, réaffirmant la profondeur des liens historiques unissant Tunis et Le Caire, avant d’élargir la discussion à plusieurs dossiers régionaux sensibles, la Palestine, la Libye, et plus largement une région qu’ils décrivent comme traversée par une accélération inédite des événements.
Kaïs Saïed y a réitéré une position constante de la diplomatie tunisienne, celle qui lie indissociablement la sécurité de l’Égypte à celle de l’ensemble du monde arabe, insistant sur le fait que l’unité entre pays arabes demeure la meilleure garantie face aux défis communs. «Tant que nous ne ferons qu’un, nous serons capables de relever tous les défis», a-t-il affirmé à son homologue.
Le président tunisien a également livré son analyse des tentatives de déstabilisation visant, selon lui, plusieurs États de la région, y voyant la marque d’un «mouvement sioniste mondial» qu’il accuse de chercher, depuis le 19e siècle, à fragiliser les nations arabes de l’intérieur. Il a opposé à cette lecture l’appel à un «nouvel ordre humain», plus juste, appelé selon lui à se substituer progressivement à un ordre international qu’il juge déséquilibré.
Le dossier palestinien a occupé une place centrale dans les échanges. Le chef de l’État tunisien a renouvelé le soutien indéfectible de son pays au peuple palestinien, dénonçant la guerre menée dans la bande de Ghaza et affirmant que les droits des Palestiniens ne s’éteindront «ni avec le temps, ni sous la puissance des armes».
Sur le dossier libyen, Tunis et Le Caire ont réaffirmé leur attachement commun à une solution portée par les Libyens eux-mêmes, Kaïs Saïed insistant sur le caractère strictement «libyo-libyen» du règlement de la crise, et sur la capacité du peuple libyen à préserver l’unité de son territoire.
L’entretien s’est conclu sur une note résolument tournée vers l’avenir : le président tunisien a renouvelé son invitation à Abdel Fattah al-Sissi à effectuer une visite officielle à Tunis, dont la date devrait être fixée prochainement d’un commun accord.
Ces déclarations interviennent au lendemain d’une prise de position forte du président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a mis en garde quiconque chercherait à faire renaître le terrorisme en Tunisie un signal clair de solidarité d’Alger envers son voisin tunisien, à un moment où la stabilité du pays est mise à l’épreuve.
Une convergence de soutiens, tunisien, égyptien et algérien, qui illustre la manière dont Tunis peut aujourd’hui s’appuyer sur ses partenaires historiques face aux difficultés du moment.
Malik M.