L’agence Reuters, citant trois sources qu’elle qualifie de bien informées, a révélé ce mardi que l’Arabie saoudite soumet désormais les transferts financiers vers les Émirats arabes unis à des contrôles réglementaires renforcés, similaires à ceux appliqués aux pays classés à haut risque en matière de flux financiers illicites.
Plusieurs hommes d’affaires interrogés par l’agence évoquent des retards de virements dans diverses devises, certains ayant même été renvoyés par des banques saoudiennes sans explication officielle.
Le dirigeant d’un cabinet de conseil basé à Dubaï affirme que des clients saoudiens, en difficulté pour régler leurs factures, lui ont demandé de créer des structures hors des Émirats.
Deux entreprises émiraties auraient reçu des demandes similaires, leurs clients affirmant que Riyad leur aurait demandé de cesser toute relation avec des sociétés émiraties.
Certains paiements, parfois inférieurs à un million de dirhams (environ 272 000 dollars), ont mis des semaines à arriver, contre quelques jours auparavant.
La Banque centrale saoudienne impose un contrôle renforcé sur les clients ou juridictions jugés plus exposés aux risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.
Ces mesures s’inscrivent dans un climat de tension croissante entre les deux puissances du Golfe, sur fond de désaccords régionaux : le bombardement du port yéménite de Moukalla fin d’année dernière, jugé par Riyad comme une menace «ligne rouge» à sa sécurité nationale ; les divergences sur la guerre avec l’Iran ; et le retrait émirati de l’OPEP, perçu par certains comme visant directement l’Arabie saoudite.
Les Émirats sont par ailleurs critiqués pour leurs rôles au Yémen, au Soudan et en Somalie, l’Algérie ayant elle aussi durci le ton à leur égard.
Khemissi M.
Transferts financiers vers les Émirats: L’Arabie saoudite resserre la vis
