Tensions dans le détroit d’Ormuz: L’Iran riposte par une taxe maritime

Téhéran et Washington tentent de négocier la fin du conflit qui les oppose, mais sur le terrain, les pressions ne faiblissent pas. Si la diplomatie s’active autour d’un protocole d’accord en 14 clauses, les blocages persistent, et c’est dans ce contexte tendu que l’Iran a choisi de frapper un grand coup sur le plan économique et maritime.
L’Iran réplique par une taxe dans le détroit d’Ormuz face au maintien du blocus américain.
Lors de son point de presse hebdomadaire, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a annoncé que Téhéran imposait désormais des frais aux navires transitant par cette voie stratégique parmi les plus empruntées au monde.
Refusant de qualifier cette mesure de «péage», le diplomate a justifié cette décision par la nécessité de financer des «services de navigation» et des mesures de protection environnementale dans le détroit, le golfe Persique et la mer d’Oman. Cette initiative est largement perçue comme un moyen pour l’Iran d’affirmer sa souveraineté sur cette route maritime cruciale pour le commerce mondial, tout en maintenant une pression constante sur Washington en pleines négociations.
Le processus diplomatique, lui, a été rendu public samedi dernier, lorsque le porte-parole Esmaeil Baghaei a dévoilé à la télévision nationale que l’Iran et les États-Unis travaillaient activement à la finalisation d’un protocole d’entente. L’objectif affiché par Téhéran est clair : mettre fin à une guerre qualifiée d’«imposée».
Ce document préliminaire, composé de 14 clauses, doit jeter les bases d’un accord définitif espéré dans un délai de 30 à 60 jours. Pour l’Iran, les deux priorités absolues de cette négociation sont la cessation du blocus naval américain et le déblocage de ses avoirs financiers gelés à l’étranger. Malgré des discussions directes menées dimanche dernier, les positions ont rapidement montré des signes de rigidité.
Selon l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim, les États-Unis continuent de rejeter catégoriquement certaines clauses cruciales, notamment celle liée à la restitution des fonds iraniens.
Face à ce refus, les médias officiels de Téhéran ont averti qu’un échec total des négociations restait possible, affirmant que l’Iran ne renoncerait pas à ses «lignes rouges» concernant la protection des droits de son peuple. Le président américain Donald Trump a par ailleurs douché les espoirs d’un assouplissement rapide des sanctions. Dans une publication sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a réaffirmé sa posture de fermeté maximale. Il a prévenu que le blocus des ports iraniens dans le détroit d’Ormuz resterait «pleinement en vigueur» jusqu’à ce qu’un accord soit formellement conclu, certifié et signé, insistant sur le fait que les deux parties devaient «prendre le temps nécessaire» pour éviter toute erreur. C’est précisément face à cette intransigeance américaine que l’Iran a décidé de riposter par la mise en place de sa nouvelle taxe maritime, transformant le détroit d’Ormuz en un nouvel épicentre de tensions entre les deux pays.
Malik M.