L Algérie se positionne comme un futur acteur majeur de l’hydrogène vert et des applications Power-to-X, selon un guide publié en août 2026 par la GIZ pour le compte du ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie.
Objectif : diversifier une économie encore dépendante des hydrocarbures et attirer les investisseurs européens.Avec son ensoleillement exceptionnel, ses ressources éoliennes et sa proximité avec l’Europe, le pays est présenté comme l’une des destinations les plus attractives du bassin méditerranéen. Le raccordement envisagé au SoutH2 Corridor renforcerait cette compétitivité en réduisant les coûts de transport vers l’Allemagne et l’Italie.Le gouvernement algérien, qui a adopté une stratégie hydrogène en 2023, vise la mise en place d’installations pilotes d’électrolyse (2 à 4 MW) et une unité de référence de 50 MW d’ici 2030.
À plus long terme, la production pourrait atteindre 40 TWh, soit 10 % des besoins européens.
Des projets pilotes sont déjà ciblés, production d’ammoniac vert à Arzew et carburant d’aviation durable à l’aéroport d’Alger.Le cadre juridique s’est assoupli : la règle du 49/51 a été supprimée, permettant aux entreprises étrangères de détenir 100 % du capital dans les projets d’énergies renouvelables. Des incitations fiscales introduites en 2026 exonèrent notamment les droits de douane sur les électrolyseurs.
Mais des défis persistent : interdiction de l’endettement extérieur, taux d’intérêt élevés et absence d’un cadre juridique finalisé pour la production et le transport d’hydrogène.
Le financement des projets, évalué à plus de 25 milliards de dollars, reste un point de vigilance.Le guide recommande aux investisseurs de nouer rapidement des partenariats avec Sonatrach, Sonelgaz et les ministères concernés. La coopération algéro-allemande, déjà renforcée par l’Alliance de l’Hydrogène Algérie-Europe (ALTEH2A), pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère industrielle.
A.G.
SoutH2 Corridor: L’Algérie veut raccorder son hydrogène à l’Europe
