Deux ans après la crise qui a gelé les relations bilatérales, l’Espagne et l’Algérie s’apprêtent à renouer au plus haut niveau.
La visite annoncée du chef de la diplomatie espagnole à Alger, prévue dans les prochains jours, ouvre la voie à un sommet entre le président Tebboune et le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.
C’est un signal fort de la volonté partagée des deux capitales de tourner définitivement la page des tensions. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albarrès, effectuera dans la dernière semaine de mars une visite officielle à Alger, première du genre depuis sa prise de fonctions.
Objectif affiché : préparer le terrain pour une rencontre au sommet entre le président Abdelmadjid Tebboune et le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.
Si les autorités algériennes n’ont pas encore officiellement confirmé cette échéance, la presse espagnole, citant des sources diplomatiques, se montre affirmative.
Le quotidien El Confidencial et le site The Objective ont tous deux relayé l’information, évoquant des préparatifs avancés pour ce rendez-vous qui pourrait se tenir soit à Alger, soit à Madrid.
La nomination d’un nouvel ambassadeur algérien à Madrid en novembre 2023 avait constitué un premier signal tangible. La reprise partielle des échanges commerciaux en 2024 avait confirmé cette tendance, les entreprises espagnoles renouant progressivement avec un marché stratégique.
Pour l’Espagne, l’enjeu est double.
D’une part, assurer la continuité des approvisionnements en gaz naturel, l’Algérie demeurant son premier fournisseur. D’autre part, trouver des solutions concertées à la pression migratoire, notamment vers les îles Baléares, devenue un sujet de préoccupation majeur pour Madrid.
L’Algérie, de son côté, réaffirme par ce rapprochement sa volonté de diversifier ses partenariats et de préserver des relations équilibrées avec l’ensemble des acteurs européens, sans jamais transiger sur ses positions de principe concernant ses dossiers stratégiques. Cette reprise du dialogue intervient dans un environnement géopolitique particulièrement dense.
Les évolutions récentes du dossier saharien, avec les consultations menées à Madrid sous l’égide américaine, imposent aux deux pays de clarifier leurs positions respectives dans un cadre bilatéral apaisé.
Pour l’Espagne, il s’agit de concilier ses engagements avec ses intérêts vitaux, dans une approche équilibrée que les observateurs espagnols qualifient de «stratégie d’équilibre» entre les deux rives du Maghreb. Une équation délicate que Pedro Sánchez espère résoudre par le dialogue direct avec son homologue algérien.
Lotfi A.
Sommet algéro-espagnol: La normalisation en marche après une traversée du désert diplomatique

