Sahara occidental: Le Polisario rejette le plan américain

La machination est en marche. À New York, dans les couloirs feutrés de l’ONU, se joue en ce moment même une trahison qui pourrait sceller le sort d’un peuple entier. Le projet de résolution américain sur le Sahara Occidental n’est rien moins qu’une entreprise de liquidation du droit international, orchestrée sous la pression du Makhzen et de ses relais européens.
La lettre du Dr Sidi Mohamed Amar, représentant du Front Polisario, sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel serein des diplomates. Elle dénonce avec une clarté implacable ce «dangereux dérapage» qui vise à enterrer le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Comment en est-on arrivé là ? Comment l’ONU, garante du droit des peuples, peut-elle envisager de renier ses propres principes ?
La manœuvre est grossière : sous couvert de prolonger le mandat de la MINURSO, Washington tente d’imposer subrepticement le concept d’«autonomie réaliste», un euphémisme pour consacrer l’occupation marocaine.
Cette résolution serait une insulte à la mémoire des résolutions onusiennes, de la Charte des Nations Unies et de l’avis de la Cour internationale de Justice.
Le double jeu est flagrant. Tandis que Rabat pille impunément les ressources sahraouies avec la complicité de multinationales européennes, des centaines de milliers de réfugiés survivent dans la dignité bafouée à Tindouf. Le Makhzen parle de paix tout en consolidant son occupation, instrumentalisant la diplomatie pour gagner du temps et cristalliser le statu quo.
La position de l’Algérie, constante et principielle, trouve ici toute sa justification. Notre pays n’a cessé d’alerter sur ces dérives qui menacent la stabilité régionale. La lettre du Polisario confirme la justesse de notre combat : sans un Conseil de sécurité réformé, plus représentatif et plus juste, le droit international restera l’otage des puissances dominantes.
Le Front Polisario a posé une ligne rouge claire : «Aucun processus politique ne sera légitime sans le peuple sahraoui». Cet avertissement doit être entendu. Si l’ONU cède à la pression américano-marocaine, elle s’expose à une désertification du processus de paix et à une escalade militaire aux conséquences imprévisibles. Face à cette entreprise de normalisation de l’occupation, la communauté internationale doit se ressaisir. Le Sahara Occidental n’est pas à vendre. La décolonisation n’est pas négociable. Le peuple sahraoui a des droits inaliénables que nul marchandage géostratégique ne saurait remettre en cause.
L’Algérie, fidèle à ses principes, continuera à porter haut la voix de la justice et du droit.
Dans ce combat pour la dignité des peuples, notre pays ne transigera pas. Car, comme le rappelle si justement le Polisario, «le statu quo n’est pas la paix. C’est une trêve injuste qui prolonge la souffrance»
Fateh H.