Le Maroc instrumentalise le système judiciaire pour exercer des représailles contre les défenseurs des droits des Sahraouis.
L’avocat et défenseur des droits humains sahraoui, M’hamed Hali, affirme que les autorités d’occupation marocaines continuent d’instrumentaliser le système judiciaire pour exercer des représailles contre les défenseurs des droits humains et les militants sahraouis qui revendiquent le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, dans le cadre d’une politique systématique visant à faire taire les voix qui défendent les droits et libertés au Sahara occidental.
Escalade alarmante des mesures de représailles
Cette déclaration a été faite lors d’une intervention orale de l’avocat sahraoui devant la 62e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, durant le dialogue interactif avec la rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, a rapporté, hier, l’agence de presse SPS.
L’avocat sahraoui, lauréat du prix «Front Line Defenders 2025» pour les défenseurs des droits humains en danger, a commencé son intervention en remerciant la rapporteuse spéciale pour son rapport, avant de souligner ce qu’il a qualifié d’«escalade alarmante des mesures de représailles» visant les défenseurs des droits humains sahraouis.
Le juriste a expliqué que ces mesures de représailles coïncident avec le recours croissant à la justice marocaine pour légitimer les pratiques répressives à l’encontre des militants sahraouis, ce qui constitue une violation flagrante des normes internationales relatives à l’indépendance de la justice et à la protection des défenseurs des droits humains.
Le Dr Hali a relaté son propre cas, soulignant qu’il est radié du barreau depuis 2020 suite à une décision du barreau d’Agadir, confirmée par la suite par les tribunaux marocains.
Le motif invoqué était que son militantisme en faveur des droits humains était incompatible avec la déontologie professionnelle. Il a insisté sur le fait que cette décision était arbitraire, dépourvue de tout fondement juridique et ne constituait rien d’autre qu’une sanction pour ses opinions pacifiques et son engagement en faveur de la défense des droits humains.
Le Maroc accusé d’une politique de répression ciblée
L’avocat sahraoui a souligné que ce qu’il avait vécu n’était pas un incident isolé, mais s’inscrivait dans une politique systématique et généralisée menée par les autorités d’occupation marocaines pour réduire au silence les avocats, les défenseurs des droits humains et les militants sahraouis, en violation des principes fondamentaux relatifs au rôle des avocats, au principe d’indépendance de la justice et aux obligations internationales du Maroc en matière de droits humains.
Le Dr Hali a exhorté la rapporteuse spéciale à prendre des mesures concrètes, dans le cadre de son mandat, afin d’inciter les autorités marocaines à mettre fin à ces représailles, à garantir son droit de reprendre l’exercice de sa profession d’avocat et à assurer la protection des avocats et des défenseurs des droits humains sahraouis contre toute forme d’intimidation et de représailles, leur permettant ainsi de mener à bien leur missionde défense des droits et libertés sans crainte ni restriction.
Cette intervention s’inscrit dans un contexte de recours croissant des défenseurs des droits humains sahraouis aux mécanismes des Nations unies pour dénoncer les violations commises dans la partie occupée du Sahara occidental, exiger une protection internationale pour les civils sahraouis et garantir le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Malik M.
