Rupture avec les Émirats : La classe politique algérienne fait bloc derrière l’État

L’onde de choc de la décision algérienne s’est immédiatement propagée sur l’échiquier politique national. Au lendemain de l’annonce, par le ministère des Affaires étrangères, de la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, les partis politiques algériens ont affiché, presque à l’unisson, leur soutien plein et entier à ce choix qu’ils qualifient tous, à des degrés divers, de décision souveraine et pleinement justifiée.

Le Front des forces socialistes (FFS) a ouvert le ban en saluant une décision souveraine et juste, estimant que les comportements hostiles d’Abou Dhabi envers l’Algérie ont, à eux seuls, rendu cette rupture inévitable. Pour le parti, cette rupture s’inscrit dans la droite ligne d’une diplomatie ferme et équilibrée, fondée sur la protection de la souveraineté nationale, la préservation de la sécurité du pays et la défense des intérêts supérieurs de l’État, conformément aux règles qui régissent les relations internationales.
Le Rassemblement national démocratique (RND) n’a pas tardé à lui emboîter le pas, exprimant son soutien total à la décision algérienne.


Le parti a dénoncé la persistance de comportements provocateurs et hostiles de la partie émiratie à l’égard du pays, et ce en dépit des mises en garde répétées adressées par Alger.
Pour le RND, la souveraineté de l’Algérie, la dignité de l’État et ses intérêts supérieurs constituent des lignes rouges qui ne sauraient souffrir aucune négociation, rappelant que la politique étrangère algérienne repose sur des principes immuables : le respect mutuel, la non-ingérence dans les affaires internes des États, ainsi que le respect de leur souveraineté et de leurs décisions nationales. Le parti a également réaffirmé sa confiance dans les institutions de l’État, se disant résolument aux côtés de toute décision visant à protéger la sécurité nationale et à préserver la souveraineté du pays.

De son côté, le Front de libération nationale (FLN) a exprimé son soutien absolu et sa pleine adhésion à la décision du gouvernement algérien, la qualifiant de démarche souveraine et ferme.
Pour le parti historique, cette rupture répond à une nécessité impérieuse de préservation des intérêts supérieurs de la nation, en réponse à ce qu’il a décrit comme la poursuite de comportements et de pratiques provocatrices et hostiles injustifiées, visant l’intégrité du territoire national.

Le FLN a par ailleurs appelé l’ensemble des forces vives du pays à renforcer la cohésion nationale, à consolider le front intérieur et à resserrer les rangs aux côtés des institutions de l’État, tant civiles que militaires, afin de faire face à ce qu’il a qualifié d’intrigues et de complots, et de préserver ainsi l’immunité de la nation et la liberté de sa décision souveraine.

Cette convergence, rare, entre des formations politiques aux sensibilités pourtant diverses, en dit long sur la gravité avec laquelle la classe politique algérienne perçoit les agissements d’Abou Dhabi.
Elle confirme surtout qu’au-delà des clivages partisans, la défense de la souveraineté nationale et des intérêts supérieurs du pays demeure, en Algérie, un terrain d’unité qui transcende les appartenances politiques.

La décision de rupture, annoncée jeudi dernier par le ministère des Affaires étrangères après épuisement de tous les moyens et démarches visant à préserver les relations bilatérales, trouve ainsi, dans ce large front politique intérieur, une légitimité renforcée.

Fateh H