L’Algérie vient de franchir une étape décisive dans la régulation de l’espace aérien. Le Centre de Recherche en Technologies Industrielles (CRTI), par l’intermédiaire de sa filiale EPE CRTI SKY-TEC ENGINEERING SPA, a obtenu le tout premier agrément national autorisant la formation de télépilotes de drones pour les catégories 1 et 2.
Une première qui marque l’entrée du pays dans une ère nouvelle, celle de la réglementation structurée des aéronefs sans pilote.
Cet agrément, délivré par le Centre National des Aéronefs Sans Pilote à Bord (CNASPB), n’a rien d’un titre honorifique. Il est, selon le Dr Riad Badji, directeur du CRTI, l’aboutissement de longues années d’efforts, de négociations techniques et de construction réglementaire. «Nous avons été accompagnés sur les aspects réglementaires, les programmes de formation et les aspects techniques», explique-t-il. Désormais, le cadre législatif est complet, couvrant aussi bien la fabrication que l’exploitation et les applications civiles des drones.
La conséquence est claire : piloter un drone n’est plus un acte anodin.
Toute personne souhaitant faire voler un appareil doit être formée, évaluée et certifiée.
Le CRTI avait anticipé ce tournant en se dotant d’une infrastructure dédiée : salles théoriques, espaces de simulation et terrains d’entraînement en conditions réelles.
L’offre de formation est calibrée selon les besoins. Pour l’amateur, huit à dix jours suffisent pour une
formation courte, ciblée et accessible.
Pour le professionnel, l’exigence est plus élevée : un parcours pouvant aller jusqu’à deux mois, précédé d’un entretien d’évaluation technique.
«C’est une formation à la carte, qui dépend du niveau et du profil du candidat», précise le Dr Badji.
Les premières sessions débuteront dans les prochains jours, et les formations sont payantes.
Au-delà de la certification, le drone civil est appelé à jouer un rôle majeur dans l’économie nationale, en particulier dans le secteur agricole, que le Dr Badji considère comme l’un des piliers de la sécurité alimentaire.
Cartographie des terres, surveillance des cultures, traitements de précision à grande échelle : les drones transforment déjà l’agriculture dans le monde, et l’Algérie entend prendre ce virage sans attendre.
«Notre domaine, c’est le domaine économique», tranche le directeur, qui précise que le CRTI ne
prétend pas pour autant monopoliser la formation. Plusieurs établissements d’enseignement supérieur sont déjà en démarche pour obtenir le même agrément, car une seule structure ne suffira pas à répondre à la demande nationale.
Installée en zone industrielle, la filiale SKY-TEC ENGINEERING s’apprête à accueillir ses premières promotions. Le Pr Mohamed Bouhicha, Directeur Général de la Recherche Scientifique et du Développement Technologique au ministère de l’Enseignement Supérieur, souligne que cet agrément consacre près de quinze ans d’efforts dans le domaine des drones.
Deux autres institutions, l’École nationale des systèmes autonomes (ENSTSA) et une université partenaire, sont en voie d’accréditation et rejoindront prochainement le dispositif. Ensemble, elles formeront le socle d’un système national de certification.
La règle est désormais sans équivoque : aucun pilote ne pourra faire voler un drone sans détenir son certificat d’aptitude, délivré exclusivement par ces centres agréés.
Anais G.
Premier agrément national de formation de télépilotes de drones:Le CRTI ouvre la voie

