Encore une fois, le régime marocain est épinglé par un organisme international. Cette fois-ci, c’est dans l’affaire du défenseur sahraoui des droits humains et ancien prisonnier Abdelmoula El Hafidi que les autorités marocaines sont condamnées pour «violation» de la convention contre la torture.
En effet, le Comité des Nations Unies contre la torture (CAT) a conclu que le Maroc avait violé la Convention contre la torture dans ce dossier, en raison des conditions de détention d’El Hafidi à la prison d’Aït Melloul.
Dans une décision adoptée le 24 avril 2026, lors de sa 84e session – rendue publique lundi dernier, au sujet de la plainte déposée par El Hafidi, représenté par le Service international pour les droits de l’homme (ISHR), le CAT a confirmé les conditions de «surpopulation, d’absence de fenêtres, de lumière et de ventilation naturelles, d’insuffisance du chauffage, ainsi que d’accès insuffisant à l’eau potable et aux installations sanitaires». Ce qui constitue «un traitement dégradant, en violation de l’article 16 de la Convention contre la torture», estime le Comité, concluant également que «le Maroc n’avait pas respecté ses obligations au titre de l’article 13 de la Convention».
Abdelmoula El Hafidi avait été arrêté le 16 avril 2016 à Boujdour et condamné par la suite à dix ans d’emprisonnement dans le cadre d’une affaire liée à des manifestations sur un campus universitaire à Marrakech. Sa condamnation a été confirmée en appel en avril 2018, puis par la Cour de cassation en avril 2019. Il a purgé sa peine le 16 avril de cette année. Durant toute sa détention, il a été maintenu dans des conditions dégradantes. Pour Service international pour les droits de l’homme (ISHR) et la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS), la décision du Comité contre la torture «confirme la réalité quotidienne à laquelle sont confrontés les prisonniers sahraouis détenus en raison de leurs opinions et de leurs positions». Dans une déclaration commune, les deux organisations soulignent que «les conditions carcérales dégradantes, l’isolement et la privation de soins médicaux avaient été utilisés comme moyens de punition contre les défenseurs du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». En 2019 déjà, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire avait conclu, dans une décision, que la privation de liberté d’El Hafidi était «arbitraire».
Le cas d’El Hafidi, n’est en vrai, que l’arbre qui cache la forêt puisque des dizaines de prisonniers politiques sahraouis sont détenus dans plusieurs prisons marocaines et purgent des peines injustes allant de 20 ans à la perpétuité, prononcées lors de procès inéquitables, d’après Human Rights Watch et Amnesty International .
Farid B.
Pour avoir violé la Convention contre la torture dans l’affaire de l’ancien prisonnier sahraoui Abdelmoula El Hafidi: Le Maroc épinglé par le CAT
