Le marché algérien de l’alimentation animale confirme son potentiel, porté notamment par l’importance de l’élevage avicole. Mais contrairement à un marché entièrement dépendant des importations, l’Algérie dispose désormais d’une industrie locale capable de produire une grande partie des aliments composés.
Selon une récente analyse russe consacrée au marché algérien, cette évolution réduit les perspectives d’exportation d’aliments finis et pousse les entreprises étrangères à revoir leur stratégie.
La priorité serait désormais de fournir aux industriels algériens des prémélanges, concentrés, enzymes, vitamines, minéraux et autres additifs spécialisés, tout en développant des partenariats techniques et industriels.
Le maïs et les produits issus du soja demeurent parmi les principales matières premières importées. Les importations algériennes de maïs ont atteint environ 5 millions de tonnes en 2025, témoignant de la forte demande générée par les secteurs de la volaille et de l’élevage.
Cette dépendance aux matières premières ouvre des possibilités aux fournisseurs étrangers, mais leur accès au marché reste soumis à des exigences sanitaires et réglementaires strictes.
Les importateurs doivent notamment respecter les procédures phytosanitaires et garantir la régularité des approvisionnements.
L’intérêt du marché réside donc moins dans la vente directe d’aliments prêts à l’emploi que dans l’intégration aux chaînes de production algériennes. Les entreprises étrangères peuvent ainsi apporter des formulations nutritionnelles, des technologies et un savoir-faire permettant d’améliorer les performances d’élevage. Cette orientation intervient alors que les échanges agricoles entre l’Algérie et la Russie connaissent une progression importante.
Les deux pays cherchent à élargir leur coopération au-delà du commerce des céréales et des produits alimentaires, notamment vers des projets agricoles et industriels communs.
Pour l’Algérie, le développement de cette coopération pourrait contribuer à renforcer la production locale, améliorer l’efficacité des aliments pour animaux et réduire progressivement la dépendance à certains produits finis importés.
Le marché algérien apparaît ainsi comme un espace de coopération industrielle davantage qu’un simple débouché commercial. Les fournisseurs russes disposent de perspectives dans les intrants spécialisés et les solutions techniques, tandis que les industriels algériens conservent la maîtrise de la fabrication et de la distribution des aliments finis.
S.G.
Les partenariats industriels gagnent du terrain dans l’alimentation animale: L’Algérie attire les fournisseurs russes
