Législatives du 2 juillet 2026:La campagne électorale est lancée, l’ANIE aux commandes

La course aux sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN) a officiellement débuté hier mardi. Pendant 23 jours, partis politiques et candidats indépendants vont sillonner le pays pour
tenter de convaincre les électeurs algériens.
Un scrutin d’autant plus important qu’il intègre, pour la première fois, les onze nouvelles wilayas issues du dernier découpage administratif, et qu’il s’appuie sur des réformes profondes issues de la révision
constitutionnelle et de la loi organique relative au régime électoral.

Un scrutin dédié aux seuls députés, dans un cadre rénové
Invitée hier mardi de l’émission «L’invité du jour» sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Myassa Bellatreche, professeure de droit public et avocate agréée près la Cour et le Conseil d’État, a tenu à rappeler un point essentiel : «Ces élections concernent exclusivement le renouvellement des membres de l’APN. Il s’agit uniquement de l’élection des députés et non pas des sénateurs.»
Revenant sur le calendrier électoral, elle a précisé que la convocation du corps électoral intervient par décret présidentiel quatre-vingt-dix jours avant le scrutin. Viennent ensuite la révision des listes électorales, le dépôt et l’examen des candidatures, puis l’ouverture de la campagne, qui doit s’achever trois jours avant le vote, conformément à la loi en vigueur.
Selon elle, l’enjeu dépasse largement la simple désignation d’élus. «Les membres de l’APN sont les représentants du peuple. Ils débattent des projets de loi, approuvent le budget général de l’État et contrôlent l’action du gouvernement.» Et d’ajouter : «Cette consultation constitue une concrétisation des principes de souveraineté populaire consacrés par les articles 7 et 8 de la Constitution.»

Parité, jeunesse, diplômes et nouvelles wilayas : ce qui change vraiment
La spécialiste du droit public a également mis en lumière les nouvelles prérogatives accordées à l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) grâce à la révision constitutionnelle de 2026. Désormais, l’ANIE ne se contente plus d’organiser le scrutin : elle contrôle l’ensemble des opérations électorales et proclame les résultats définitifs.
Les administrations concernées sont tenues de lui fournir les moyens matériels et logistiques nécessaires.
Les conditions de candidature ont également évolué. Les postulants doivent être inscrits sur les listes électorales, être de nationalité algérienne et âgés d’au moins 25 ans.
Mais la réforme a renforcé plusieurs exigences : chaque liste doit comporter au moins un tiers de femmes, au moins la moitié de candidats âgés de moins de 40 ans, et un tiers de titulaires d’un diplôme universitaire. Le mode de scrutin reste proportionnel, à liste ouverte avec vote préférentiel, et le classement des candidats est établi par les partis ou listes indépendantes, non par l’ANIE.
Autre nouveauté majeure : l’intégration des onze nouvelles wilayas – Timimoun, Bordj-Badji-Mokhtar, Ouled Djellal, Béni-Abbès, In Salah, In Guezzam, Touggourt, Djanet, El Meghaier, El Meniaâ, ainsi que l’ex-wilaya déléguée promue au rang de wilaya. Leurs habitants disposeront pour la première fois d’une représentation parlementaire à la hauteur de leur nouveau statut administratif, avec la possibilité de faire entendre leurs préoccupations au sein de l’APN. À travers ce scrutin du 2 juillet, les électeurs algériens sont donc appelés à choisir ceux qui porteront leurs aspirations pour les cinq prochaines années, dans un paysage électoral profondément renouvelé, marqué par des règles plus contraignantes, une carte administrative élargie, et la volonté affichée de rapprocher les institutions des citoyens.
Fateh H.