L’Algérie dispose de conditions particulièrement favorables pour développer une filière d’hydrogène vert à grande échelle et potentiellement devenir un fournisseur important pour le marché européen, selon une étude publiée dans la revue Applied Energy.
Les chercheurs estiment que le coût de production dans le pays pourrait se situer entre 4,6 et 5,2 euros le kilogramme, un niveau jugé compétitif à l’échelle internationale, à condition de renforcer les investissements dans les infrastructures de production, de transport et d’exportation. À terme, le pays pourrait même viser des exportations importantes vers l’Europe, en lien avec les objectifs européens en matière d’énergie décarbonée. Ce potentiel repose principalement sur les immenses ressources solaires du territoire algérien, caractérisé par de vastes zones désertiques et un ensoleillement très élevé, particulièrement dans le Sud. Ces conditions naturelles offrent un avantage déterminant pour la production d’électricité renouvelable nécessaire à l’électrolyse de l’eau. L’étude souligne également les ambitions nationales en matière d’énergies renouvelables, avec des projets visant à développer plusieurs gigawatts de capacités solaires d’ici 2030 et au-delà. Ces investissements pourraient constituer la base d’une industrie structurée de l’hydrogène vert.
Les chercheurs insistent toutefois sur les défis à relever, notamment la gestion de la ressource en eau, la mise en place d’infrastructures adaptées et l’optimisation technologique des installations. Le développement de cette filière nécessitera aussi une stratégie industrielle cohérente et des partenariats solides. Dans un contexte mondial où l’hydrogène décarboné reste encore marginal, l’Algérie apparaît ainsi comme un acteur potentiel dans la transition énergétique, à condition de transformer ses atouts naturels en capacités industrielles concrètes.
S. A.
Hydrogène vert: L’Algérie face à une opportunité stratégique majeure

