Guerre des récits: Les médias algériens face au nouveau front cognitif

Oran accueille, à partir de vendredi, un rendez-vous inédit pour la profession journalistique algérienne. Au complexe sportif Miloud-Hadfi, la première édition de l’université d’été de l’Organisation nationale des journalistes algériens (ONJA) rassemble responsables et journalistes venus de plusieurs régions du pays, autour d’un thème qui dit à lui seul l’ampleur des enjeux : « Les médias nationaux face aux guerres des récits ». Dès l’ouverture, des messages de la présidente de l’Assemblée populaire nationale et du directeur général de l’Entreprise nationale de télévision ont donné le ton, appelant intellectuels et médias à se mobiliser pour déconstruire les narratifs hostiles et bâtir une contre-argumentation solide.
Un même fil conducteur traverse ces interventions : renforcer la sécurité culturelle et informationnelle du pays, mais aussi l’esprit critique des citoyens, de plus en plus exposés aux manipulations numériques.Invité d’honneur de cette rencontre, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Saguia el-Hamra et Rio de Oro, Nafee Ahmed Mohamed, a salué le choix de cette thématique, qu’il considère comme un enjeu majeur pour tous les peuples attachés à la liberté, à la souveraineté et à la justice, rappelant au passage le rôle historique joué par l’Algérie dans ce combat.
La première conférence de cette université d’été, animée par l’universitaire et analyste en géopolitique Ahmed Bensaâda, a porté sur la notion de « guerre cognitive », une forme de confrontation qui ne vise plus tant les territoires que les perceptions, les émotions et les mécanismes de pensée des populations comme des décideurs.
Une guerre qui se mène désormais avec des armes nouvelles : désinformation, surinformation, intelligence artificielle, deepfakes, big data et manipulation des algorithmes des réseaux sociaux.
Trois autres communications viendront enrichir les échanges de cette université d’été, consacrées aux mutations de l’environnement numérique, aux défis posés par l’intelligence artificielle et au rôle que les médias sont appelés à jouer dans la construction du roman national.
A.G.