L’annonce prochaine des textes réglementaires et d’application relatifs au prélèvement d’organes chez les donneurs en état de mort cérébrale constitue une étape décisive dans l’évolution du système de santé algérien. Elle représente surtout un espoir pour les patients qui attendent depuis des années une chance de survie grâce à une greffe.
Dans ce contexte, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins algériens, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, a salué cette décision, qu’il juge positive et opportune. Il a souligné que les transplantations d’organes nécessitent un cadre juridique clair, garantissant le respect des normes médicales et éthiques, tout en protégeant les droits de toutes les parties concernées.
Lors d’un entretien diffusé sur la chaîne El Khabar TV, le Dr Bekkat Berkani a précisé que le prélèvement d’organes sur des personnes en état de mort cérébrale n’est pas une spécificité algérienne, mais obéit à des standards internationaux reconnus. Il a ajouté que le diagnostic de mort cérébrale doit être posé par des spécialistes qualifiés, selon des critères scientifiques rigoureux, afin de garantir la transparence et la fiabilité de la décision médicale. Selon le président de l’Ordre des médecins, la publication de ces textes réglementaires permettra d’élargir l’accès aux soins pour les patients atteints de pathologies graves nécessitant une greffe, comme les reins ou la cornée. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui contraints de se rendre à l’étranger, supportant des coûts financiers élevés dans l’espoir d’obtenir un traitement.
Le Dr Bekkat Berkani a également insisté sur la nécessité de développer une culture du don d’organes au sein de la société algérienne. Il a rappelé que le don après la mort est un acte humanitaire et solidaire, offrant une seconde chance à d’autres patients. Il a souligné l’importance d’établir des règles éthiques strictes encadrant les conditions du don et de la réception des organes. Par ailleurs, il a averti que la réussite de cette démarche ne repose pas uniquement sur l’organisation du prélèvement, mais aussi sur celle des transplantations et sur la mise à disposition des ressources humaines et techniques nécessaires dans les établissements hospitaliers.
Les organes humains sont extrêmement fragiles : ils nécessitent des conditions spécifiques de conservation et de transport, et doivent être greffés dans un délai très court pour rester viables.
Le Dr Bekkat Berkani a ainsi appelé à la création d’hôpitaux spécialisés, dotés de tous les moyens logistiques et médicaux indispensables. Il a rappelé que de nombreux pays utilisent des moyens de transport rapides, y compris des avions, pour acheminer les organes à temps et éviter leur détérioration.
L’entrée en vigueur de ces nouveaux textes réglementaires devrait marquer un tournant majeur dans le domaine de la transplantation d’organes en Algérie : renforcement cadre légal, élargissement des possibilités de traitement pour les malades, et ancrage d’une culture de solidarité et de don au sein de la population.
Anais G.
Greffe d’organes en Algérie: Les textes tant attendus enfin sur le point d’être publiés

