Gazoduc transsaharien: Le projet africain qui va redessiner la carte énergétique mondiale

Une nouvelle avancée majeure vient d’être franchie dans le dossier du projet de gazoduc transsaharien (TSGP). La 5e réunion ministérielle du Comité de pilotage s’est tenue ce mercredi à Alger, réunissant les ministres des Hydrocarbures de l’Algérie, du Nigeria et du Niger. Cette rencontre intervient à un moment où la demande mondiale en gaz naturel ne cesse de croître et où les trois pays affichent une volonté commune d’accélérer la concrétisation de cette infrastructure stratégique.

Un projet prometteur enfin dotéd’une véritable volonté politique
Invité ce mercredi de l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, l’expert international en énergie Chouaïb Boutemine n’a pas caché son optimisme.
Selon lui, le TSGP est «un projet très prometteur pour l’Afrique que l’on attend depuis longtemps et qui bénéficie aujourd’hui d’une véritable volonté politique pour sa réalisation». Une déclaration qui tranche avec les atermoiements des décennies passées et qui témoigne d’une dynamique nouvelle.
L’expert affirme que le projet est désormais entré dans une phase décisive, marquée par des études techniques approfondies et des concertations poussées sur les aspects financiers et d’investissement. Plus qu’un simple gazoduc, c’est tout un pan de l’avenir énergétique du continent qui se joue aujourd’hui.

4 130 kilomètres pour connecter l’Afrique à l’Europe
Les chiffres donnent le vertige. Long de 4 130 kilomètres, le gazoduc transsaharien devrait permettre l’acheminement de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Nigeria, en passant par le Niger, jusqu’en Algérie.
De là, le gaz sera exporté vers les marchés européens grâce aux infrastructures déjà existantes sur le territoire algérien. Selon Chouaïb Boutemine, l’avancement global du projet est déjà significatif. Les principaux travaux restant à réaliser sont désormais concentrés sur le territoire nigérien, ce qui constitue à la fois un défi et une opportunité pour ce pays sahélien.

Lever les derniers obstacles techniques et financiers
Cette réunion ministérielle avait un objectif précis, explique l’expert : lever les derniers obstacles techniques et financiers pour accélérer la mise en œuvre du projet. «L’objectif principal est de faire avancer les études techniques, notamment au Niger, et de mobiliser les investissements nécessaires pour concrétiser le projet sur le terrain», a-t-il détaillé.
Le Nigeria, de son côté, voit dans le TSGP une occasion unique de diversifier ses voies d’exportation de gaz naturel. Le transport par gazoduc représente, selon Boutemine, une solution plus compétitive que le gaz naturel liquéfié (GNL), dont les coûts de production et d’acheminement demeurent particulièrement élevés.

Un projet structurant pour tout le continent africain
Au-delà de sa dimension purement énergétique, Chouaïb Boutemine considère le TSGP comme un projet véritablement structurant pour l’ensemble du continent africain.
«Ce n’est pas seulement un gazoduc qui transportera des molécules de gaz, mais un projet qui renforcera les liens économiques entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria», a-t-il martelé.
Cette infrastructure constituera, selon lui, un levier majeur pour l’intégration énergétique africaine. Elle renforcera également le rôle de l’Algérie comme corridor stratégique reliant l’Afrique aux
marchés européens, une position géopolitique que le pays entend bien consolider dans les années à venir. Le TSGP pourrait bien devenir le symbole d’une Afrique qui prend son destin énergétique en main.
Farid B.