Le projet de gazoduc transsaharien Nigeria-Niger-Algérie serait au cœur de nouvelles manœuvres géopolitiques. Selon des informations rapportées par El Watan, les Émirats arabes unis chercheraient à modifier le tracé du projet pour le faire converger vers le Maroc et favoriser ainsi le gazoduc concurrent Nigeria-Maroc.
Une offensive qui intervient alors que le TSGP, présenté comme plus pragmatique et moins coûteux, entre dans une phase concrète de réalisation.
Depuis l’annonce de la décision de l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les émirats arabes unis, les révélations sur les manœuvres de ce micro-état pour affaiblir l’Algérie se multiplient.
Ainsi, Abou Dhabi n’a non seulement tenté de s’ingérer dans les affaires internes du pays ou de créer des foyers de tensions dans son entourage immédiat, mais elle a aussi tenter de saboter les projets stratégiques que le pays a lancé avec d’autres pays de la région. C’est notamment le cas du gazoduc transsaharien (TSGP) destiné à relier le Nigeria aux marchés européens, via le Niger et l’Algérie.
Les émirats arabes unis ont voulu parasiter la réalisation de ce projet et de voler au secours du Maroc pour faire aboutir le projet chimérique de son gazoduc.
Dans son édition d’hier, le quotidien El Watan a révélé que le Gazoduc transsaharien Nigeria-Algérie fait face à d’importantes manœuvres géopolitiques.
Selon des sources proches du dossier, les émirats arabes unis déploient de grands efforts pour modifier l’itinéraire de ce projet, relancé en juin dernier à Adrar en présence des représentants algériens, nigérians et nigériens. L’objectif émirati est de faire dévier le tracé vers le Maroc pour l’intégrer au projet concurrent Gazoduc Afrique-Atlantique.
Lancé en juillet dernier, ce tracé maroco-nigérian prévoit de traverser 14 pays, bien que de nombreux experts internationaux doutent fortement
de sa viabilité.
La même source a indiqué qu’Abou Dhabi a déjà mis 5 milliards de dollars sur la table pour influencer les parties prenantes et bloquer la réalisation du gazoduc algéro-nigérian.
Pourtant, les spécialistes privilégient nettement le projet Nigeria-Algérie, jugé plus pragmatique puisqu’il ne traverse que deux pays.
Sur le plan financier, le coût de réalisation du projet transsaharien est estimé entre 10 et 13 milliards de dollars, contre plus de 25 milliards de dollars pour son rival maroco-émirati.
Dans un article consacré au projet, le média spécialisé dans les infrastructures énergétiques et basé en Allemagne, Pipeline Journal, a relevé qu’avec le lancement par la société nationale des hydrocarbures Sonatrach de la réalisation du tronçon algérien du gazoduc transsaharien, ce projet d’infrastructure majeur tout en entier est effectivement mis en exécution.
Au-delà de son aspect purement énergétique, l’infrastructure intervient dans un contexte marqué par les efforts de diversification des approvisionnements énergétiques européens, ce qui fait de ce gazoduc «un projet géopolitique majeur».
Le média met également en exergue la dimension africaine du projet. Citant Sonatrach, il indique que le gazoduc est un «mécanisme essentiel pour l’intégration économique régionale et la valorisation des ressources énergétiques africaines».
Fateh H
