Eau potable: Une distribution un jour sur deux à partir de l’été 2026

A compter de l’été 2026, la distribution d’eau potable s’effectuera sur la base d’un jour sur deux sur l’ensemble du territoire national.
Cette annonce a été faite hier lundi à Alger par le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, lors du coup d’envoi de la 21e édition du Salon international de l’eau et de l’environnement (SIEE-Pollutec), qui se tient du 1er au 4 juin 2026 au palais des expositions des Pins Maritimes.
Cette amélioration tant attendue est rendue possible grâce à la mobilisation optimale des ressources hydriques disponibles et à l’entrée en service de plusieurs projets stratégiques. «Les instructions du Président de la République sont claires : assurer l’approvisionnement en eau potable à tous les citoyens, sur l’ensemble du territoire national, sans exception», a déclaré le ministre.
Il a ajouté que l’Algérie a réussi à atteindre ce stade dans une période difficile, et que la situation progresse vers le mieux grâce aux grands programmes engagés.
De nombreux projets sont actuellement en cours de réalisation dans toutes les wilayas, notamment des stations de pompage et environ 309 forages profonds répartis sur le territoire.
Ces ouvrages entreront progressivement en production durant l’été. Grâce à ces efforts, le ministre estime que les longues périodes d’attente, qui pouvaient atteindre 10 à 15 jours dans certaines régions, seront considérablement réduites.
Il reconnaît toutefois qu’il restera environ 20% de zones sensibles, dont le problème d’alimentation en eau potable sera pris en charge par tous les moyens disponibles.
Par ailleurs, le ministre a annoncé qu’un nouveau plan de gestion stratégique de l’eau est en préparation, sous la directive du président de la République.
Ce programme, dont l’élaboration s’accélère, repose sur la distribution équitable de l’eau sur tout le territoire, en s’appuyant sur les compétences algériennes et le développement de méthodes innovantes.
Bouzegza a souligné qu’il n’est plus possible de continuer avec les méthodes actuelles, marquées par d’importantes fuites et une distribution parfois inéquitable.
L’heure est désormais à la gestion intelligente, avec le recours aux nouvelles technologies et l’implication de jeunes start-upeurs présents au salon, qui ont présenté des idées sérieuses et réalistes que le ministère compte adopter. Certaines stations expérimentent déjà des compteurs intelligents pour éviter les pertes et mieux contrôler la consommation.
S’agissant du taux de remplissage des barrages, Bouzegza a indiqué qu’il varie entre 60 et 100% grâce aux précipitations. Certains puits, qui étaient à sec, ont retrouvé leur niveau naturel, ce qui permet d’assurer un approvisionnement confortable, notamment durant l’été et les périodes de forte demande.
Par ailleurs, l’Algérie a franchi des étapes majeures dans le domaine du dessalement de l’eau de mer.
Seize stations sont actuellement en service, produisant plus de 300 millions de mètres cubes par an, tandis que trois nouvelles stations sont prévues dans l’ouest du pays (Tlemcen, Chlef, Mostaganem) pour étendre la distribution vers l’intérieur, notamment vers Tiaret, El Bayadh, Saïda et Naâma. L’Algérie dispose de 234 stations d’épuration en activité et 75 autres en cours de réalisation, ce qui permettra de produire environ 1,5 milliard de mètres cubes par an.
Ces volumes seront destinés à des usages agricoles, industriels et même urbains, permettant ainsi d’économiser près de 30% des ressources conventionnelles. En somme, la stratégie algérienne vise à diversifier les sources d’eau, à renforcer la résilience face aux changements climatiques et à garantir progressivement l’autosuffisance hydrique dans l’ensemble des wilayas du pays.
Farid B.