De la lanterne aux projecteurs: L’artiste algérien en quête de lui-même

C’est dans un écrin d’exception que la culture algérienne a choisi de se donner en spectacle. Samedi soir, le Mausolée royal de Maurétanie à Tipaza a accueilli la double célébration de la 20e édition du Prix du président de la République pour les jeunes créateurs Ali-Maâchi et de la Journée nationale de l’artiste, une soirée placée sous le signe de la mémoire, de la transmission et de la beauté.
Au cœur de la cérémonie, présidée par la ministre de la Culture et des Arts Malika Bendouda en compagnie de plusieurs membres du gouvernement et d’une constellation d’artistes, trônait un spectacle pensé comme un voyage intérieur : Rissala Khalida, «Message éternel».
Produit par le ministère de la Culture et mis en scène par le maestro Khalil Baba Ahmed pour l’ONCI, ce tableau vivant de près de 90 minutes retrace l’odyssée de l’artiste algérien à travers les âges, incarné par un personnage énigmatique, lanterne à la main, qui arpente les sentiers de la mémoire en quête d’une seule réponse à une seule question, répétée comme un leitmotiv tout au long du spectacle : Qui es-tu ?
C’est le comédien Hakim Dekkar qui a endossé le rôle du narrateur, guidant le public à travers les régions et les sonorités de l’Algérie profonde, musiques traditionnelles, chorégraphies de ballet, arts plastiques et arts visuels, depuis ce berceau de civilisations qu’est Tipaza.
Une traversée sensorielle portée par les voix d’Abdelaziz Benzina, Noureddine Allane, Nesrine Ghanem, Celia Ould Mohand, Abdessamad Bedjedda, Imad Eddine Gnaoua et Sirine Khiari, avec la chorégraphie de Farid Haouch et la troupe de ballet de l’ONCI, la mise en scène théâtrale de Karim Hamzaoui et les arts plastiques de Moussa Douar.
Prenant la parole, Mme Bendouda a rendu hommage à la mémoire du martyr Ali Maâchi, rappelant que «l’art est un message et un engagement moral» qui impose de reconnaître les jeunes créateurs, de leur confier la responsabilité de leur propre talent et de leur ouvrir les portes de l’expérience aux côtés des grands noms de la scène nationale.La soirée s’est conclue par une série de distinctions remises aux artistes ayant contribué à «Rissala Khalida», à commencer par le metteur en scène Khalil Baba Ahmed, une reconnaissance saluée comme une invitation à «davantage de créativité et d’inspiration».
La ministre était accompagnée pour l’occasion de sa collègue Nacima Arhab, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, et du wali de Tipaza, Mohamed Amine Benchaoulia.
Amina S.