Conflit au Moyen-Orient: Plus de 100 jours de crise, la diplomatie toujours au point mort

Cent jours de guerre, près de deux mois de cessez-le-feu, et pourtant aucune avancée diplomatique durable. La région reste sous tension après une nouvelle escalade sans précédent entre l’Iran et Israël, marquée par des frappes directes sur leurs territoires respectifs, une première depuis l’entrée en vigueur de la trêve du 8 avril.
Téhéran a annoncé, lundi dernier, la fin de son opération militaire tout en brandissant la menace de représailles encore plus sévères en cas de nouvelle attaque.
Dans un communiqué officiel, le Commandement des forces armées iraniennes a déclaré avoir «infligé une riposte sévère» à Israël, après le bombardement de la banlieue sud de Beyrouth, qui a coûté la vie à deux personnes et blessé une vingtaine d’autres.

Téhéran pose ses lignes rouges
«La cessation de l’opération est annoncée», précise le texte militaire, tout en avertissant que toute nouvelle frappe israélienne contre le Liban déclencherait des représailles accrues.
Le porte-parole du commandement iranien a également mis en garde les États-Unis : «Si les actes hostiles se poursuivent, Washington et Tel-Aviv feront face à une réponse encore plus vigoureuse.»
De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a tenu à rappeler la double stratégie de son pays.
«La défense et la diplomatie sont les deux piliers de la puissance nationale. Nous n’avons quitté ni le champ de bataille ni la table des négociations», a-t-il écrit sur le réseau X.
Une déclaration qui souligne la volonté de Téhéran de ne jamais renoncer à ses capacités militaires tout en maintenant un dialogue diplomatique.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé lundi dernier, lors d’une conférence de presse, que les consultations diplomatiques se poursuivaient «naturellement en toutes circonstances».
Il a également souligné que «la République islamique a fait preuve d’une retenue extraordinaire» face aux violations répétées du cessez-le-feu du 8 avril.
Depuis dimanche soir, selon un responsable militaire israélien, l’Iran a lancé une trentaine de missiles en riposte à l’attaque de Beyrouth.
Les explosions ont été signalées à Téhéran, Tabriz et Ispahan. Une usine pétrochimique de Mahshahr, dans le sud-ouest du pays, a été endommagée, entraînant l’évacuation de son personnel.
En réponse, Téhéran affirme avoir visé un complexe pétrochimique israélien. Il s’agit du premier affrontement direct entre les deux nations sur leurs propres sols depuis la trêve du 8 avril, même si des incidents avaient déjà été rapportés ces derniers jours dans la région du détroit d’Ormuz, impliquant cette fois des forces américaines et iraniennes.
Face au spectre d’un embrasement généralisé, le président américain Donald Trump a appelé à un arrêt immédiat des hostilités. «Israël et l’Iran doivent immédiatement arrêter de tirer», a-t-il déclaré sur son réseau Truth Social, affirmant que les deux pays cherchaient activement à conclure un cessez-le-feu rapide. Selon Washington et Téhéran, des discussions indirectes se poursuivent via la médiation du Pakistan, même si la reprise des combats pourrait considérablement compliquer les négociations.
Malik M.