A l’occasion du 65ᵉ anniversaire des massacres du 17 octobre 1961, la présidence française a une fois de plus opté pour la prudence diplomatique. Le communiqué publié par l’Élysée s’est limité à rappeler la
tragédie subie par les manifestants algériens à Paris, attribuant la responsabilité des violences aux autorités de l’époque, notamment au préfet de police Maurice Papon, tout en évitant d’engager directement la responsabilité institutionnelle de l’État français.
Bien que le palais de l’Élysée reconnaisse que cette mémoire «appartient à l’histoire commune» des deux nations, cette posture répétitive est perçue en Algérie comme une hésitation politique. En refusant de franchir le pas d’une reconnaissance explicite de «crime d’État», Paris repousse la résolution d’un dossier mémoriel crucial pour l’avenir des relations bilatérales. Cette position contraste avec les attentes
croissantes d’une partie de l’opinion et de la classe politique en France. Récemment, des dizaines d’élus locaux et de maires ont signé une tribune collective demandant que les événements du 17 octobre 1961 soient formellement qualifiés de crime d’État et inscrits au calendrier officiel des commémorations nationales.
N. C.
Commémoration du 17 octobre 1961 : Macron manque une nouvelle opportunité de réconciliation mémorielle avec l’Algérie
