Les chiffres ont de quoi réjouir les opérateurs. Entre janvier et août, les exportations de produits issus de l’industrie agroalimentaire ont franchi la barre des 213 millions de dollars, en hausse de 15% sur la même période de l’an dernier. «C’est un indicateur positif», a réagi Zohir Moussaoui, directeur central au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, invité des ondes de la radio nationale. Pour lui, le chiffre dit autre chose qu’une simple progression.
Il raconte un déplacement de l’économie nationale, qui a franchi des étapes importantes et regarde désormais vers l’extérieur, là où elle se tournait autrefois vers les importations. Il ajoute aussitôt que ce volume est loin de refléter le potentiel réel de production du pays, bien plus vaste. L’essentiel, répète-t-il, est que le producteur algérien parvienne à se faire une place sur les marchés internationaux. Plusieurs produits y sont déjà bien placés, et il en veut pour preuve l’intérêt constaté lors des salons organisés à l’étranger et des manifestations internationales auxquelles l’Algérie participe.
Le salon de l’agroalimentaire qui se tient à Blida en offre une belle vitrine, avec plus de 96 entreprises nationales aux côtés d’exposants venus de 20 pays. Biscuits, chocolat, pâtes alimentaires, sauces, boissons et produits dérivés du lait y ont affiché une progression remarquable et séduit clients comme délégations étrangères. Deux filières, en revanche, demandent encore des efforts, l’huile d’olive et les conserves.
Moussaoui souligne que le pays dispose de capacités de production dans de nombreuses filières, en qualité comme en volumes.
L’Afrique, prolongement naturel
Le cap est clairement fixé sur le continent. Il y voit «un prolongement naturel» pour l’Algérie, qui dispose pour s’y déployer de ses capacités de production, de sa proximité géographique et de possibilités logistiques. Les chiffres qu’il avance donnent le vertige: un marché d’environ 1,5 milliard d’habitants à l’échelle de l’Afrique, et près de 500 millions pour la seule Afrique de l’Ouest. La diplomatie économique y joue, selon Moussaoui, un rôle de levier important. L’agenda des prochains jours s’annonce chargé.
Une manifestation se tiendra bientôt au Sénégal, où l’Algérie sera invitée d’honneur.
Le ministère travaille aussi à relancer certains conseils d’affaires et à en créer de nouveaux pour densifier les échanges avec les pays partenaires. Le contact direct reste, dit-il, essentiel pour créer des opportunités et permettre aux opérateurs de présenter leurs capacités. Certains conseils sont déjà actifs, notamment avec la Mauritanie, l’Arabie saoudite et la Russie, où la dynamique est jugée importante.
A. G.
