Dans un spectacle de puissance parfaitement maîtrisé, le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, a supervisé hier mercredi sur le polygone de tir de Jijel des exercices tactiques qui en disent long sur la montée en gamme des forces armées algériennes. Ce n’était pas une simple démonstration de routine, mais un message clair adressé à tous ceux qui douteraient encore de la capacité de l’Algérie à défendre son territoire : le pays dispose désormais d’une force navale et aérienne prête à répondre à toute menace, où qu’elle vienne....
Depuis le pont du navire de commandement Kalaat Beni Abbès, le général a suivi en temps réel un tir de missile anti-surface exécuté par une corvette polyvalente, tandis que des chasseurs multirôles frappaient simultanément un objectif naval avec un missile anti-navire en condition réelle. La précision a été chirurgicale : cible détruite avec succès, coordination parfaite entre les deux composantes, professionnalisme à toutes les étapes. Ce double exercice, mené en synergie par la façade maritime Est et l’aviation tactique, démontre que l’Algérie a franchi un cap décisif : celui de l’interopérabilité totale entre ses forces. Derrière ce savoir-faire opérationnel, il y a des années d’entraînement intensif et une conviction profonde affirmée par le général Chanegriha lui-même : «La véritable supériorité militaire ne se mesure pas seulement à la qualité des armes, mais réside dans la capacité à résister, à disposer d’alternatives tactiques et à acquérir une disponibilité opérationnelle élevée.» Autrement dit, l’armée algérienne ne se repose pas sur ses équipements, aussi modernes soient-ils. Elle mise sur l’homme, la discipline, la rigueur et la capacité à s’adapter. Lors de sa visite à Constantine, le chef d’état-major a également salué les efforts des unités engagées dans la lutte antiterroriste et contre le crime organisé, les exhortant à poursuivre jusqu’à l’éradication complète des derniers foyers résiduels. Dans une région frontalière sensible, où les trafics et les infiltrations demeurent des défis permanents, le message est sans équivoque : la vigilance reste totale, et la réponse militaire sera à la hauteur des enjeux. Au-delà de la simple démonstration technique, ce qui frappe dans ces exercices, c’est la cohérence d’une vision. L’Algérie construit méthodiquement un système de défense complet, alliant préparation qualitative, résilience et capacité de riposte. Et comme l’a rappelé le général Chanegriha, c’est sur le terrain d’entraînement que se gagne la paix. Chaque missile tiré avec précision, chaque manœuvre exécutée avec exactitude participe à forger cette force de dissuasion silencieuse mais bien réelle. Au final, la leçon de ces deux jours est limpide : l’Algérie n’attend pas la menace pour s’y préparer. Elle anticipe, elle s’entraîne, elle se renforce. Terre, mer, air : ses soldats, ses marins et ses pilotes sont prêts. Et quiconque serait tenté de tester cette détermination ferait bien de méditer les images venues de Jijel, où la précision et la puissance ont parlé d’elles-mêmes
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