Du 25 au 28 novembre 2026, Oran sera la capitale africaine de la formation professionnelle.
Placées sous le haut patronage du président Abdelmadjid Tebboune, les Olympiades africaines
s’accompagneront d’une réunion des ministres africains de la Formation et de l’Enseignement professionnels, sous l’égide de l’Union africaine.
Objectif affiché : dessiner un plan d’action continental autour des métiers de demain.
«La question centrale sera de savoir comment l’Afrique peut se préparer», a résumé lundi dernier la ministre Nassima Arhab sur les ondes de la Radio algérienne.
Cette ambition trouve déjà un écho dans les choix faits en Algérie. Le secteur a enregistré 23 nouvelles spécialités, de l’industrie à la cybersécurité en passant par les nouvelles technologies, l’agriculture et l’intelligence artificielle, certaines étant même proposées à distance. L’intelligence artificielle, souligne la ministre, transforme des métiers existants et en fait naître d’autres, notamment dans le développement web.
La mécatronique appliquée aux véhicules a elle aussi fait son apparition, en concertation avec les opérateurs économiques. Le changement de logique est assumé : là où l’on ouvrait autrefois des postes pédagogiques selon les moyens de chaque wilaya, la formation doit désormais répondre aux besoins des entreprises et offrir de vraies perspectives d’emploi.
Pour élargir l’accès à ces parcours, un nouveau programme, «Sanaâ 2», sera lancé prochainement, après le succès de la première édition . Sans limite d’âge et avec des cours le soir ou le week-end, il permettra à chacun d’acquérir une compétence de plus dans des métiers très demandés comme la plomberie, l’électricité du bâtiment ou la réparation des équipements de réfrigération. L’entrepreneuriat occupe aussi une place de choix. Les centres de développement de l’entrepreneuriat sont passés de 50 au début de l’année à 183, et ont déjà formé 30 000 diplômés. En trois semaines, les stagiaires y apprennent à distinguer revenu personnel et chiffre d’affaires, à comprendre la fiscalité et les responsabilités du chef d’entreprise, avec à la clé un accès facilité aux financements de l’ANGEM et de la NESDA.
Les incubateurs prennent ensuite le relais pour les idées innovantes, et les fablabs permettent de réaliser un premier prototype. Le monde agricole n’est pas oublié : environ 4 500 conducteurs de machines agricoles ont été inscrits à un programme de 90 heures, en particulier dans les régions de forte production. Un guide remis au ministère de l’Agriculture et de la Pêche servira à constituer une base de données de ces professionnels.
Enfin, la formation accompagne les grands chantiers du pays. La coordination avec le ministère des Travaux publics a été renforcée depuis mars, et ces projets figurent désormais dans le référentiel national des compétences. Sur les inscrits de cette rentrée, près de 17 000 seront orientés directement vers ces chantiers, dans le bâtiment, la plomberie et la restauration notamment. Pour la ministre, la formation professionnelle est «au cœur de ces grands projets».
Anais G.
Avec les métiers de demain pour fil rouge : Oran accueillera les Olympiades africaines de la formation professionnelle
